Bien avant l’officialisation de l’offre de rachat par Orange, Bouygues Telecom et Free, les syndicats s’interrogeaient sur la sauvegarde de l’emploi puisque de nombreux postes pourraient être en concurrences.
Fidéliser les salariés pendant le processus
Invité sur France Inter dans l’émission « On n’arrête pas l’éco« , ce samedi 7 mars, Olivier Roussat – directeur général de Bouygues – a voulu dissiper les craintes en soulignant que le véritable défi de ce rachat serait de fidéliser les salariés de SFR tout au long d’un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs années.
Le processus pourrait prendre « cinq ans » assure Olivier Roussat et durant cette période, il faudra pouvoir s’assurer que les collaborateurs de SFR présents restent travailler au sein des équipes de l’opérateur durant ce laps de temps.
Un discours qui va à rebours des craintes des syndicats qui estiment que 8 000 postes pourraient être menacés par ce rachat, en raison des doublons entre les activités de SFR et celles des repreneurs. Il faudra bien garder des postes mais tous ne sont pas concernés et les besoins devraient décroître à mesure que le processus avance. Les syndicats ont demandé des garanties pour la préservation de l’emploi notamment auprès de l’Etat, cependant rien n’a encore été acté à ce sujet.
Un processus long et complexe
Le projet dans sa phase finale remonte à octobre dernier, lorsque les trois opérateurs ont annoncé leur intention de racheter SFR pour 17 milliards d’euros. Une offre rejetée immédiatement par Patrick Drahi, le grand patron de l’opérateur au carré rouge.
Début 2026, le magnat des télécoms a accepté d’ouvrir ses comptes à ses concurrents afin qu’ils puissent conduire les vérifications financières et juridiques nécessaires dans une phase de « due diligence » et ils pourraient faire une nouvelle offre à 21 milliards d’euros.
Dans le cas où les différents acteurs finissent par trouver un terrain d’entente, il restera encore de nombreux jalons au rachat, rallongeant le calendrier prévient Olivier Roussat. Si un accord est trouvé, « on rentrera dans une période d’analyse des autorités de la concurrence qui durera à peu près 12 à 18 mois » mais il faut également prendre en compte le découpage de SFR puis l’intégration chez les trois opérateurs. « Ca reprend à peu près 30 mois » annonce Olivier Roussat, le dossier prendrait donc au minimum 42 mois soit 4 ans et demi selon les estimations du patron de Bouygues qui était auparavant le patron de Bouygues Telecom
Un rachat qui tient de l’exploit
Pour ce dossier, il a fallu trouver un terrain d’entente entre Bouygues Telecom, Orange et Free, ce qui relèverait de l’exploit. Olivier Roussat rappelle que « deux acteurs n’étaient pas réputés pour une amitié franche et sincère », il s’agit de Bouygues Telecom et de Free.
Les deux opérateurs sont plutôt en froid depuis le lancement de Free Mobile. On se rappelle notamment de la phrase de Martin Bouygues comparant son concurrent à un « romanichel » qui s’installerait sur les pelouses de « son château ».

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