Peering (appairage)

Le peering, ou appairage, est un accord permettant à deux réseaux Internet d’échanger directement du trafic entre eux et leurs clients. Il complète le transit et peut s’effectuer sur un point d’échange partagé ou une interconnexion privée.

Sommaire

Caractéristiques principales du peering

  1. Un échange entre réseaux : deux acteurs interconnectent leurs réseaux pour acheminer directement le trafic qu’ils s’adressent.
  2. Une portée limitée : l’accord concerne leurs réseaux et leurs clients, sans donner automatiquement accès à tout Internet.
  3. Plusieurs formes : le peering peut utiliser un point d’échange partagé ou une interconnexion privée.
  4. Des conditions variables : il peut être gratuit ou payant, avec des performances dépendant du trajet et de la capacité disponible.

À quoi sert le peering sur Internet ?

Internet relie des réseaux exploités par des acteurs différents : fournisseurs d’accès à Internet (FAI), hébergeurs ou plateformes de contenus. Le peering, appelé appairage en français, leur permet d’échanger directement le trafic concerné par leur accord, au lieu de le confier à un fournisseur de transit.

Ces échanges s’organisent entre systèmes autonomes, ou AS (Autonomous Systems) : des ensembles de réseaux présentant une politique de routage commune. Le protocole BGP (Border Gateway Protocol) leur permet d’annoncer les destinations qu’ils peuvent joindre. Les routeurs utilisent les routes retenues pour acheminer les paquets IP.

Le choix des routes dépend notamment des règles de chaque réseau. Une connexion directe ne signifie donc pas que BGP sélectionne en permanence le trajet géographique le plus court ou celui offrant le délai le plus faible.

Quelle différence entre peering et transit ?

Avec le peering, chaque partenaire donne accès à son réseau et aux réseaux de ses clients couverts par l’accord. Il ne devient pas, pour autant, un intermédiaire utilisable pour rejoindre tous ses autres partenaires.

Le transit IP est un service acheté à un fournisseur pour obtenir une connectivité plus générale vers Internet. Un opérateur peut combiner des accords de peering pour certaines destinations et du transit pour les autres. Ces deux modes sont donc complémentaires.

Peering public, privé et point d’échange : quelles différences ?

Le peering public utilise l’infrastructure partagée d’un point d’échange Internet, ou IXP (Internet Exchange Point). Plusieurs réseaux s’y raccordent afin de faciliter leurs interconnexions. France-IX est un exemple d’acteur qui exploite ce type d’infrastructure en France. Être présent au même point d’échange ne signifie pas que tous les participants échangent automatiquement du trafic entre eux.

Sur un IXP, deux réseaux peuvent établir une relation bilatérale. Ils peuvent aussi utiliser un serveur de routes pour faciliter les échanges d’informations de routage avec plusieurs participants. Ce serveur transmet les annonces de routes selon les règles définies ; les vidéos et les pages web ne transitent pas par lui.

Le peering privé repose sur une interconnexion réservée à deux réseaux, souvent appelée PNI (Private Network Interconnect). Elle peut prendre la forme d’une liaison physique dédiée ou d’une liaison virtuelle isolée sur une infrastructure partagée. Elle est notamment intéressante lorsque les échanges entre deux acteurs justifient une capacité spécifique.

Le peering est-il toujours gratuit ?

Non. Dans un accord sans compensation financière (settlement-free peering), les partenaires ne se facturent pas mutuellement le trafic échangé. Chacun supporte néanmoins des coûts : raccordement, équipements, hébergement ou accès au point d’échange.

Il existe aussi du peering payant. Les conditions dépendent des négociations et des politiques de peering des acteurs : volume d’échanges, équilibre du trafic, lieux d’interconnexion ou exigences techniques. Le caractère payant ne transforme pas automatiquement cet accord en transit : sa portée reste déterminante.

Quels effets sur le débit et la latence ?

Un échange local bien dimensionné peut éviter des détours et réduire la latence. Il peut aussi diminuer le recours au transit. Multiplier les interconnexions peut améliorer la résistance aux pannes, à condition de disposer de chemins de secours réellement utilisables.

Le peering ne garantit toutefois ni un débit ni un ping. Un lien saturé peut ralentir un service, tandis que d’autres destinations fonctionnent normalement. Un transit correctement dimensionné peut offrir de meilleures performances qu’un peering encombré.

Le peering ne doit pas non plus être confondu avec le déploiement d’un CDN, ou réseau de diffusion de contenus. Un CDN répartit des contenus sur des serveurs ; le peering organise les échanges entre réseaux. Les deux peuvent se compléter.