SpaceX repositionne son service Direct-to-Cell sous le nom Starlink Mobile, avec l’ambition de devenir un opérateur satellite mondial capable de rivaliser avec les réseaux mobiles classiques. L’annonce a été faite lors du Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, où Michael Nicolls, vice-président de Starlink chez SpaceX, a pris la parole sur la scène principale.
Une connectivité satellite accessible à tous les smartphones LTE
Le principe fondamental de Starlink Mobile repose sur la compatibilité avec les téléphones LTE existants, sans modification matérielle. Les satellites fonctionnent comme de véritables antennes-relais en orbite basse, intégrés aux réseaux des opérateurs partenaires selon une logique similaire à l’itinérance internationale (roaming). L’utilisateur peut ainsi basculer de manière transparente entre le réseau satellite et le réseau terrestre sans interruption de connexion.
Le service est actuellement actif dans plus de 32 pays, couvrant plus de 1,7 milliard de personnes via des partenariats avec des opérateurs mobiles. Parmi eux figurent MasOrange en Espagne, T-Mobile aux États-Unis, Rogers au Canada, KDDI au Japon, Telstra et Optus en Australie, ainsi que l’ukrainien Kyivstar. SpaceX indique que cette liste de partenaires continuera de s’étendre.
Les satellites V2 : une rupture technologique majeure
La génération actuelle compte environ 650 satellites Direct-to-Cell en orbite basse. Si ce parc permet déjà d’assurer une connectivité de base pour des millions d’utilisateurs, les performances restent limitées. La prochaine génération, baptisée V2, représente un bond technologique considérable.
Selon SpaceX, ces nouveaux satellites offriront :
- Jusqu’à 20 fois la capacité de débit d’un satellite de première génération
- Jusqu’à 100 fois la densité de données du système actuel
- Des vitesses de téléchargement atteignant 150 Mbps par utilisateur
- La prise en charge complète des appels vocaux, des appels vidéo, du streaming et des applications haute vitesse
Ces performances seront rendues possibles grâce à des puces conçues en interne par SpaceX et à des antennes avancées capables de former des milliers de faisceaux de communication simultanés. SpaceX décrit ainsi ses ambitions :
La prochaine génération de satellites Starlink Mobile, V2, fournira une couverture cellulaire complète dans des endroits jamais couverts auparavant, via le réseau satellite-vers-mobile le plus performant jamais construit.
Les satellites V2 sont décrits comme étant de la taille d’un Boeing 737, ce qui explique qu’ils nécessitent la fusée Starship pour être mis en orbite. Michael Nicolls a confirmé au MWC que les premiers lancements débuteront à la mi-2027, avec une mise en service attendue six mois après les premiers tirs. La constellation cible est fixée à 1 200 satellites dans un premier temps, pour atteindre à terme jusqu’à 15 000 unités Direct-to-Cell.
Starlink Mobile’s next-gen satellites will deliver 5G speeds from space with 100x the data density of the current V1 generation satellites
V2 satellites will seamlessly enable streaming, internet browsing, high-speed apps and voice calls, just like being connected to a… pic.twitter.com/ObPjtv0eEC
— Starlink (@Starlink) March 2, 2026
Qualcomm en première ligne pour la compatibilité 5G
Pour que la 5G satellite soit accessible nativement sur les futurs smartphones, SpaceX a travaillé en étroite collaboration avec les fabricants de composants. Qualcomm a été le premier à répondre avec le modem X105, première puce compatible avec la norme Release 19 qui doit supporter la connectivité 5G satellite de Starlink Mobile. Ce modem sera associé au premier chipset 2 nm de Qualcomm, attendu plus tard dans l’année, et devrait équiper en masse les iPhones et appareils Android à partir de 2027.
Cette date n’est pas anodine : elle coïncide avec la clôture prévue du rachat par SpaceX des fréquences d’EchoStar, filiale de Dish, pour 17 milliards de dollars. Selon Michael Nicolls, ces fréquences seront utilisées par la seconde génération de satellites à l’échelle mondiale, sous réserve des autorisations réglementaires nécessaires.
Un positionnement concurrent des opérateurs traditionnels
Si Starlink Mobile est aujourd’hui présenté comme un complément aux réseaux terrestres, notamment pour les zones reculées, les urgences ou les situations de défaillance d’infrastructure, l’ambition de SpaceX va au-delà. En acquérant ses propres fréquences via EchoStar, l’entreprise entend réduire sa dépendance aux opérateurs partenaires et opérer directement comme un opérateur à part entière.
Les satellites V2 permettront par ailleurs d’alimenter le réseau Starlink gigabit, capable de fournir des débits supérieurs à 1 Gbps aux entreprises équipées du kit Performance, ce qui étend le positionnement du service bien au-delà du simple usage grand public.
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