L’Autorité de régulation des télécoms, l’Arcep, vient de dresser un bilan du secteur des télécoms en France à fin 2025 avec un fort contraste. D’un côté la pression commerciale qui érode les revenus des opérateurs, et une adoption toujours plus large des technologies les plus récentes et pourtant plus rémunératrices de l’autre.
Des revenus en recul sur tous les fronts
Le revenu des opérateurs sur le marché de détail s’établit à 9,6 milliards d’euros hors taxes au quatrième trimestre 2025. Ce chiffre confirme une tendance baissière amorcée dès le début de l’année 2025, et qui s’est accentuée au fil des mois : le recul atteint 2,1 % en un an sur le deuxième semestre 2025, contre 1,1 % au premier semestre. Tous les postes de revenus sont concernés, à l’exception des revenus annexes.
Du côté des services mobiles, la baisse s’est amplifiée tout au long de l’année, passant de 2,3 % de recul au premier trimestre 2025 à 4,1 % en un an au quatrième trimestre. Cette direction est largement imputable aux baisses de prix intervenues en 2024 selon le régulateur. Seule note positive : les ventes de terminaux mobiles par les opérateurs repartent à la hausse, avec une progression de 3 % en un an au quatrième trimestre 2025, après une baisse de 4 % un an plus tôt. Au total, le revenu combiné des services et terminaux mobiles atteint 4,8 milliards d’euros hors taxes, en retrait de 3 % en un an.
Sur le mobile, la facture mensuelle moyenne est de 14,1 euros hors taxe par mois, soit une baisse de 80 centimes en un an reflétant la direction prise par les prix depuis un an et demi voir un peu plus vu le faible rebond connu au deuxième trimestre 2024.
Les services fixes ne sont pas épargnés non plus. Avec 4,38 milliards d’euros hors taxes de revenus au quatrième trimestre 2025 contre 4,42 milliards un an plus tôt. La facture mensuelle moyenne par abonnement internet à haut et très haut débit se stabilise à 37 euros hors taxes par mois, alors qu’elle avait encore progressé de 1,7 euro en un an au quatrième trimestre 2024.
Il s’agit ici des abonnements purs, sans service à valeur ajouté. La facture mensuelle peut donc grimper si les utilisateurs s’abonnent à des services facturés par les opérateurs comme le cloud gaming, les plateformes de vidéos ou de musique. La fibre et la 5G permettent d’étendre les usages et souvent le panier moyen également.

La fibre optique dépasse 80 % des abonnements internet
Sur le plan du fixe, la fibre optique continue progresser, sans grande surprise. Fin décembre 2025, on recensait 27,1 millions d’abonnements internet en fibre optique, soit 2,7 millions de plus en un an. Ces abonnements représentent désormais 82 % du total des abonnements internet, une part en hausse de 7 points en un an, et 93 % des abonnements à très haut débit.
Parallèlement, les box 4G et 5G fixe poursuivent leur progression, avec 120 000 abonnements supplémentaires en un an, contre 75 000 un an auparavant, pour atteindre 625 000 unités fin décembre 2025.
Du côté du réseau cuivre (xDSL), la décrue se poursuit mais à un rythme légèrement moins soutenu qu’auparavant : 2,3 millions d’abonnements perdus en un an, contre 2,6 millions un an plus tôt. Le parc xDSL tombe ainsi à 4,0 millions d’abonnements, soit 12 % du total, en recul de 7 points en un an. Au total, le nombre d’abonnements internet à haut et très haut débit atteint 33 millions fin décembre 2025, soit une progression de 1,2 % en un an, un rythme plus soutenu qu’au quatrième trimestre 2024 (+ 0,7 %).
A noter qu’il ne restait plus qu’environ 300 000 abonnements en fibre coaxial en fin d’année dernière, ce chiffre devrait cependant arriver à zéro pour le prochain observatoire des marchés des communications de l’Arcep.

La 5G franchit le cap des 32 millions de cartes SIM actives
L’adoption de la 5G s’accélère nettement. Au quatrième trimestre 2025, 32,9 millions de cartes SIM sont actives sur les réseaux 5G, soit une hausse de 8,3 millions en un an, ce qui représente une progression de 34 %. Ces cartes SIM 5G représentent désormais 39 % du total des cartes SIM actives, en hausse de 9 points en un an.
La 4G reste quant à elle très largement répandue : 91 % des cartes SIM sont actives sur ces réseaux, en hausse de 2 points en un an, bien que la croissance soit plus modérée que lors de la période 2018-2021.
Le nombre total de cartes SIM connaît lui aussi une nette accélération : + 1 million en un an au quatrième trimestre 2025, contre + 445 000 un an auparavant. Ce rebond est notamment porté par une hausse exceptionnelle des cartes prépayées (+ 240 000 en un an), après plus de dix ans de recul continu. Fin décembre 2025, le parc total atteint 84,9 millions de cartes SIM, dont 77,8 millions de forfaits.
Les données mobiles toujours en forte hausse, les SMS en chute libre
La consommation de données mobiles reste soutenue. Au quatrième trimestre 2025, les utilisateurs ont consommé 4,3 exaoctets de données, avec une croissance stable autour de 13 % par an depuis deux ans. En moyenne, un client mobile consomme 18,3 gigaoctets par mois, en hausse d’un à deux gigaoctets par an depuis deux ans. Le trafic de données consommé depuis l’étranger par les clients des opérateurs français progresse également de 22 % en un an.
Les SMS, en revanche, continuent leur inexorable déclin, avec une accélération marquée :
- Baisse de 31 % en un an au quatrième trimestre 2025
- Contre une baisse de 14 % un an auparavant
- Un client n’envoie plus en moyenne que 59 SMS par mois, contre 250 SMS à leur niveau record en 2016
Cette tendance s’explique par la généralisation des applications de messagerie instantanée, utilisées par 86 % des personnes de 12 ans et plus en 2025 selon le Baromètre du numérique, mais aussi par la montée en puissance du RCS, un système de message qui représente une évolution des SMS.
L’usage vocal : le mobile tient, le fixe s’effondre
Sur le plan vocal, les réseaux mobiles ont acheminé 49,8 milliards de minutes au quatrième trimestre 2025, dont environ 70 % via le réseau LTE et un peu moins de 10 % en Wi-Fi. La consommation mensuelle moyenne par abonné mobile s’élève à 3 heures 25 minutes, en léger recul de 4 minutes en un an.
La ligne fixe, en revanche, confirme sa marginalisation dans les usages vocaux : la consommation moyenne n’est plus que de 40 minutes par mois par ligne, en baisse de 7 minutes en un an et de 2 heures 30 minutes sur dix ans.


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