Une première étape a été franchie dans le dossier du rachat de SFR par ses trois concurrents avec la signature de l’accord entre les protagonistes ce 6 juin. Cependant, tout n’est pas encore terminé et tout va se jouer devant l’Autorité de la concurrence ou son équivalent européen.
Un dossier qui « ne va pas de soi »
La décision finale n’est pas attendue avant 18 mois et elle reste donc soumise à un examen approfondi qui se fera très probablement en France et non pas en Europe, même si les règles tendent à être assouplie du côté de Bruxelles depuis la publication des rapports Letta et Draghi.
Interrogé par Le Monde, Benoît Cœuré – président de l’Autorité de la concurrence – a indiqué que l’opération « ne va pas de soi » alors que le marché français actuel est « déjà très concentré ». Si les paroles du président peuvent faire craindre directement un échec de l’opération, il tient à être rassurant.
En effet, si le rapprochement avait été jugé impossible bien avant la signature de l’accord entre les différentes parties, l’Autorité l’aurait fait savoir afin de ne pas laisser « les opérateurs s’épuiser pour trouver un accord et dépenser des millions d’euros en frais de conseil d’avocats et de banques d’affaires ». Benoît Cœuré assure que « les autorités de concurrence regarderont ce dossier de manière absolument objective ».
Côté Europe, les règles changent et notamment en ce qui concerne l’application des textes. Les nouvelles lignes ne prendront plus seulement en compte les atteintes à la concurrence mais aussi la contribution à l’économie de l’opération par exemple comme une meilleure qualité de service par exemple.
Une hausse des prix ?
Benoît Cœuré estime qu’il est « naturel » de se poser la question d’une hausse des prix, d’autant que le marché est composé d’opérateurs qui ont reçu une amende de 534 millions d’euros en 2005 concernant une entente pour préserver les parts de marché et des échanges d’informations.
Il existe également une crainte concernant la structure qui hébergera SFR le temps que le consortium se partage l’opérateur en trois selon ce qui a été annoncé ce samedi 6 juin. Une coordination pourrait être mise en place avec des échanges d’informations sensibles ou de comportement concurrentiel. Un élément qui sera donc particulièrement suivi par l’Autorité.
En tout cas, la rue de l’échelle sera attentive au pouvoir d’achat des français. L’administration n’autorisera pas le rachat s’il existe un risque de voir les prix s’envoler et les opérateurs devront expliquer en détail la possible contribution au progrès économique de l’opération si elle a un impact négatif sur le consommateur.

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