Orange : salaires, IA, géolocalisation… les syndicats appellent à la grève

Alors que les actionnaires d’Orange se réunissent ce mardi 19 mai 2026 en assemblée générale, plusieurs syndicats appellent les salariés du groupe à une journée de grève nationale. La CGT FAPT et SUD-PTT dénoncent une stratégie centrée sur la rentabilité financière, des réorganisations jugées brutales et le déploiement massif de l’intelligence artificielle dans les métiers du groupe.

Le logo Orange sur un bâtiment en Roumanie

La CGT FAPT appelle l’ensemble des salariés d’Orange à cesser le travail ce mardi 19 mai. Le syndicat réclame notamment une augmentation générale de 500 euros par mois, la mise en place d’un treizième mois et des mesures immédiates pour garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Parmi les revendications figurent également un plan de promotion pour les salariés sans évolution de carrière depuis plus de dix ans, des recrutements en CDI sur l’ensemble du territoire et la réinternalisation d’activités actuellement confiées à la sous-traitance.

Les syndicats dénoncent aussi les réorganisations internes qui multiplient les mobilités géographiques et concentrent les salariés sur des sites uniques.

L’intelligence artificielle au centre des inquiétudes

La montée en puissance de l’IA chez Orange cristallise une grande partie des tensions. Dans les centres d’appels, plusieurs outils analysent désormais automatiquement les conversations entre les conseillers et les clients.

Les échanges sont enregistrés, retranscrits puis évalués selon différents critères comportementaux. Les syndicats estiment que ces dispositifs instaurent une surveillance permanente des salariés et renforcent la pression managériale.

Des représentants du personnel dénoncent une standardisation croissante des échanges et un retour progressif aux scripts imposés, déjà fortement critiqués lors des précédentes crises sociales qu’a connues l’entreprise.

Orange affirme de son côté auprès de Mediapart vouloir utiliser ces outils pour accompagner les salariés et améliorer la qualité des échanges avec les clients.

Le projet Max Intervention fortement contesté

Autre sujet explosif : le déploiement du programme « Max Intervention » destiné aux techniciens. Ce système prévoit une géolocalisation permanente des équipes terrain ainsi qu’une gestion automatisée des interventions grâce à l’intelligence artificielle.

Selon les syndicats, cette organisation algorithmique du travail risque d’accentuer le sentiment de contrôle permanent, d’alourdir la charge mentale et de dégrader les conditions de travail.

Une expertise indépendante commandée par les représentants du personnel a d’ailleurs soulevé plusieurs interrogations sur les impacts humains du projet et sur le respect des règles liées à la protection des données personnelles.

Le comité social et économique central d’Orange a engagé une procédure judiciaire pour demander la suspension du dispositif.

Les syndicats dénoncent une priorité donnée aux actionnaires

Au-delà des questions technologiques, les organisations syndicales accusent la direction de privilégier les dividendes et la génération de cash au détriment de l’emploi et des investissements.

SUD-PTT critique notamment une stratégie financière reposant sur les économies, la réduction des coûts et les restructurations internes, alors même que certains métiers subissent déjà une forte pression opérationnelle.

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