Lors du dernier sommet Choose France, de nouveaux engagements massifs ont été annoncés concernant la construction de centres de données avec plusieurs milliards d’euros d’investissement. Une bonne nouvelle pour le tissu industriel français mais qui inquiète.
Une demande électrique qui s’envole
La demande électrique va s’envoler dans les prochaines années. Selon les données du Shift Project, la part des data centers dans la consommation électrique nationale devrait bondir de 2 % aujourd’hui à plus de 7,5 % à l’horizon 2035, et ce sans intégrer les dernières annonces de l’année en cours comme le souligne Les Echos. Le secteur avait déjà vu sa consommation électrique augmenter de 23% sur un an selon les derniers chiffres de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep).
Qui dit augmentation de la consommation électrique dit également augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les deux sont liés mais la France a un atout dans sa manche : son mix énergétique peu carboné notamment grâce au nucléaire.
D’un point de vue écologique, il vaut donc mieux construire un centre de données en France plutôt que chez nos voisins allemands ou belges. Un constat partagé par l’Ademe, l’agence de la transition écologique, qui juge préoccupant le fait que les données puissent aller à l’étranger, dans des pays plus carbonés.
Du côté de la filière, on reconnaît une part de réalité dans ces constats. Linda Lescuyer, responsable innovation du Data4, reconnaît qu’une explosion des usages numériques liés à l’IA aura inévitablement un coût énergétique d’après le quotidien.
L’efficacité énergétique ne suffit pas
La filière investit massivement dans l’amélioration de l’efficacité énergétique, premier poste de coûts pour les opérateurs. Contrairement à ce qui se pratique aux États-Unis, la majorité des centres de données français sont refroidis à l’air, ce qui limite la consommation d’eau à l’échelle nationale. D’autres types de refroidissements sont également installés comme le refroidissement adiabatique, qui consomme très peu d’eau. Des systèmes par exemple installés chez Orange.
L’Arcep a d’ailleurs noté que la consommation en eau avait fortement baissé entre 2023 et 2024, un chiffre encourageant mais il faudra attendre encore un peu pour savoir si cela est une tendance ou une « anomalie ».

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