Le texte adopté prévoit une vérification de l’âge obligatoire pour accéder aux réseaux sociaux à partir de septembre 2026. Objectif : empêcher les mineurs de moins de 15 ans de créer ou de conserver un compte sur des plateformes comme TikTok, Instagram, Snapchat ou encore X (ex-Twitter). S’il s’agit d’une première en Europe, cette avancée législative laisse cependant la porte ouverte à de nombreuses possibilités de contournement.
Parmi elles, l’utilisation de VPN, des outils permettant de masquer sa localisation et de simuler une connexion depuis un autre pays, est au cœur des préoccupations. Lors d’une interview donnée le 30 janvier 2026 à France Info, Anne Le Hénanff a reconnu sans détour cette faille potentielle : « Évidemment que le VPN existe. » Mais loin d’y voir un obstacle insurmontable, la ministre y voit un prochain chantier prioritaire.
La ministre assume une stratégie de protection progressive : « Si on peut déjà avoir protégé 65 à 70 % des enfants, on continuera. » En évoquant un âge moyen de première inscription à 8 ans et demi, elle insiste sur le fait qu’une grande majorité de jeunes enfants n’ont pas les compétences techniques pour utiliser un VPN. L’interdiction actuelle vise donc à couper l’accès à ces outils sociaux dès le plus jeune âge, en comptant sur un effet dissuasif massif.
Les VPN : la prochaine bataille
L’exécutif entend toutefois aller plus loin. « Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste », a affirmé Anne Le Hénanff. Si aucune mesure concrète n’a encore été annoncée, cette déclaration marque l’ouverture d’un nouveau front dans la régulation numérique. Car encadrer l’usage des VPN sans restreindre les libertés fondamentales s’annonce complexe : ces outils sont utilisés légalement dans de nombreux contextes (protection de la vie privée, télétravail, accès sécurisé à des données professionnelles).
Le défi est donc double : détecter et bloquer les usages illicites sans nuire aux droits numériques des citoyens. Cette future réflexion pourrait impliquer des collaborations techniques avec les fournisseurs d’accès à Internet, des obligations de transparence pour les plateformes, voire des restrictions ciblées sur certaines configurations de VPN.
🔴 Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : « Oui le VPN existe, mais si avec ce texte, je réussis à protéger une très large majorité des enfants, nous continuerons. »
🗣 Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. pic.twitter.com/S2BQ9Ddf7G
— franceinfo (@franceinfo) January 30, 2026
Vers une régulation européenne ?
Face aux limites du cadre national, la ministre évoque aussi une stratégie à plusieurs niveaux : santé, éducation, égalité, mais aussi Europe. Elle rappelle que cette législation française est un premier jalon d’un projet plus vaste, destiné à s’inscrire dans une régulation européenne en construction. Des scientifiques ont été mandatés pour étudier la dépendance aux écrans, et de futures mesures interministérielles sont déjà en cours d’élaboration.

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