Le week-end du Nouvel An, des tirs ont visé les locaux d’Orange situés dans le quartier populaire de Saint-Mauront. Une dizaine d’impacts ont été relevés sur la façade du bâtiment, dont certains ont traversé les vitres du rez-de-chaussée et d’un étage supérieur. Une balle a même pénétré dans une salle de réunion. Heureusement, les tirs ont eu lieu en dehors des horaires de présence des salariés. Mais cet épisode relance les inquiétudes autour de la sécurité de ce site, déjà ciblé à plusieurs reprises.
Ce lundi 5 janvier, à leur retour sur les lieux, les salariés ont découvert avec stupeur de nouveaux impacts sur les murs et fenêtres. La peur s’installe.
Un site exposé à un environnement miné par le trafic de drogue
Le centre Orange de Saint-Mauront, qui regroupe plus de 1 000 employés, est implanté à proximité immédiate de plusieurs points de deal, repérés par la police et parfois signalés par des tags. Ce quartier du 3e arrondissement de Marseille est tristement connu pour ses trafics et les tensions entre bandes rivales.
Le bâtiment avait déjà été fermé quinze jours en décembre après une montée des violences. Malgré cela, la direction a décidé de maintenir le site ouvert en janvier, en proposant le télétravail aux salariés volontaires et en attendant une intensification de la surveillance policière.
Les syndicats montent au créneau
Face à une situation jugée intenable, le syndicat CFE-CGC exige une solution radicale : le transfert complet et définitif de toutes les équipes tertiaires vers d’autres bureaux de la ville. « Les salariés n’en peuvent plus », déclare le syndicat CFE-CGC. Selon lui, il est inacceptable de forcer des employés à travailler dans un environnement aussi dangereux.
D’après les syndicats, les salariés n’ont pas eu d’alternative au retour sur site. « Ceux qui nous ont imposé de venir doivent maintenant assumer », lance Laurent Bedrossian, délégué CFE-CGC a franceinfo:, qui s’interroge : « Est-ce qu’ils réagiront quand il y aura un mort ? ».
Une réponse sécuritaire jugée insuffisante
Orange affirme prendre la menace très au sérieux. En collaboration avec la préfecture de police, l’opérateur a mis en place un dispositif de sécurité renforcé, incluant des patrouilles accrues et une présence policière aux heures d’entrée et de sortie du personnel.
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises des tirs. Les images de vidéoprotection sont en cours d’analyse, mais la date exacte des faits reste à confirmer.

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