Mobile : Les Français plébiscitent le sans engagement mais ne changent (presque) plus d’opérateur

Le marché mobile français entre dans une phase de stabilisation. Alors que près de neuf clients sur dix sont aujourd’hui libres de quitter leur opérateur à tout moment, ils sont de moins en moins nombreux à le faire. Le dernier Observatoire trimestriel de l’Arcep pour le quatrième trimestre 2025 met en lumière une réalité paradoxale : jamais le marché n’a été aussi “sans engagement”, et pourtant il n’a jamais été aussi stable

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Au quatrième trimestre 2025, 1,66 million de numéros ont été portés d’un opérateur à un autre. Un volume conséquent, mais en chute de 24,9 % sur un an.

Après les années 2023 et 2024 marquées par des offensives commerciales répétées et des campagnes promotionnelles massives, la tension concurrentielle retombe. Les consommateurs changent moins d’opérateur, et les taux de résiliation se modèrent : 4 % dans le post-payé, segment central du marché, un niveau contenu. Le prépayé reste structurellement plus instable, avec près de 30 % de résiliations trimestrielles.

Nombre de numéros portés
Nombre de numéros portés – Crédits ARCEP

Le sans engagement devenu la norme

Le paradoxe est frappant : jamais les clients n’ont été aussi libres… et jamais ils n’ont aussi peu bougé. À fin 2025, 89,4 % du parc post-payé était constitué de forfaits sans engagement. Même en incluant les entreprises, plus de 81 % des abonnements post-payés peuvent être résiliés à tout moment. Le sans engagement, qui avait longtemps alimenté la guerre des prix et la volatilité du marché, s’est banalisé.

La liberté contractuelle n’entraîne plus l’hyper-mobilité observée lors de la précédente décennie. Les offres se sont rapprochées, la qualité des réseaux s’est homogénéisée, et les écarts tarifaires se sont resserrés. Résultat : l’incitation à changer diminue.

Parc post-payé résidentiel libre d'engagement - France hexagonale
Parc post-payé résidentiel libre d’engagement – Crédits : ARCEP

Une croissance qui s’intensifie

Cette accalmie n’empêche pas le marché de continuer à progresser. La France compte désormais 84,9 millions de cartes SIM en service (hors MtoM), soit 300 000 de plus sur le trimestre et une croissance annuelle de 1,3 %. Le taux de pénétration atteint 123,7 %.

Fait notable, le segment prépayé longtemps en déclin repart à la hausse. Il gagne 80 000 cartes au quatrième trimestre et affiche une croissance annuelle positive. Le post-payé, lui, continue de progresser de manière régulière.

Sur le segment entreprises, la dynamique est plus soutenue encore : +2,2 % sur un an. Ce marché représente désormais 12 millions de cartes SIM, soit environ 15 % du total.

Outre-mer et IoT : dynamiques contrastées

En outre-mer, le nombre total de cartes SIM progresse légèrement pour atteindre 2,6 millions. La croissance est portée par le post-payé, tandis que le prépayé poursuit son recul structurel, avec toutefois de fortes disparités locales (Mayotte restant par exemple un marché très marqué par le prépayé).

Autre moteur important : l’Internet des objets. Le parc de cartes MtoM atteint 25,7 millions, en hausse de plus de 8 % sur un an après un nettoyage massif de cartes inactives fin 2024.

> Téléchargez le baromètre de l’ARCEP pour le 4ème trimestre 2025

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