Extinction de la 2G : une transition technique maîtrisée, mais des inquiétudes bien réelles

Alors que la France s’apprête à tourner définitivement la page de la 2G, le débat s’intensifie entre discours technique rassurant et préoccupations de terrain. Dès aujourd’hui, Orange lance les premières extinctions locales, avant une disparition complète du réseau d’ici fin 2026. Mais cette transition, présentée comme maîtrisée par les experts, suscite de vives inquiétudes chez certains acteurs.

antenne 5G

Une disparition annoncée de longue date

Comme de nombreux pays, la France a engagé l’arrêt progressif de ses réseaux 2G et 3G, jugés obsolètes. Leur utilisation est aujourd’hui marginale : moins de 1 % du trafic mobile transite encore par ces technologies. Dans le même temps, elles continuent de consommer une part importante de l’énergie des infrastructures.

Pour les opérateurs, la logique est claire : libérer des fréquences pour renforcer la 4G et la 5G, plus performantes et plus efficaces.

Une couverture théoriquement préservée

Dans un rapport publié hier, le comité d’experts techniques de l’Arcep se veut rassurant. Selon ses conclusions, l’extinction des réseaux 2G et 3G ne devrait pas entraîner de baisse significative de la couverture mobile en France.

Les technologies 4G offrent en effet de meilleures performances pour les données et l’Internet des objets. Pour la voix, les évolutions récentes de la VoLTE (voix sur 4G) et les optimisations réseau permettent, selon les experts, de compenser les limites techniques initiales.

En clair, pour les utilisateurs équipés de terminaux récents, la transition devrait être imperceptible.

Des inquiétudes sur le terrain

Mais cette analyse ne convainc pas tous les acteurs. Car derrière les chiffres, la réalité est plus nuancée.

Fin 2025, environ 2,4 millions de cartes SIM étaient encore actives sur des réseaux 2G en France. Si ce chiffre est en baisse, il reste significatif. Surtout, ces usages concernent souvent des équipements critiques : systèmes d’alarme, ascenseurs, dispositifs de téléassistance ou encore objets connectés industriels.

Plusieurs fédérations professionnelles alertent ainsi sur des conséquences potentiellement préjudiciables, voire vitales en cas de migration mal anticipée.

Une transition sous tension

Face à ces critiques, les opérateurs se veulent rassurants. Ils insistent sur le caractère progressif de l’extinction et sur les actions menées depuis plusieurs années pour accompagner les utilisateurs.

Chez Orange, on évoque des « queues de comète » auprès du Monde : quelques milliers d’utilisateurs par zone, majoritairement identifiés et contactés. Courriers, e-mails, appels téléphoniques et offres de remplacement de terminaux ont été mis en place pour anticiper la transition.

Mais la difficulté reste réelle, notamment pour les objets connectés déployés sur le long terme, parfois sans mise à jour prévue.

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