Gigue

La gigue, ou jitter en anglais, est la variation du délai de transport des paquets sur un réseau. Elle renseigne sur la régularité de leur acheminement et peut perturber les appels, la visioconférence ou les jeux en ligne, même lorsque le débit est élevé.

Sommaire

Caractéristiques principales de la gigue

  1. Une variation du délai : les paquets ne mettent pas tous le même temps à parcourir le réseau.
  2. Un indicateur distinct du débit : une connexion rapide peut avoir des délais irréguliers.
  3. Un enjeu pour le temps réel : un appel ou un jeu supporte moins bien les arrivées tardives qu’un transfert de fichier.
  4. Une mesure à interpréter : la valeur, généralement exprimée en millisecondes, dépend du calcul et du trajet testés.

Gigue, latence et pertes de paquets : quelle différence ?

La latence décrit un délai de transmission. Selon la mesure, il peut s’agir d’un aller simple ou d’un aller-retour, appelé RTT (Round-Trip Time). La gigue décrit les variations de ce délai entre les paquets : un délai élevé mais constant n’est pas une forte gigue.

Le débit indique la quantité de données transférée par seconde. Les pertes de paquets concernent les données qui ne parviennent pas à destination. Ces indicateurs sont complémentaires : une bonne valeur de débit ne suffit pas à garantir une communication fluide.

Pourquoi les délais varient-ils ?

Les paquets peuvent attendre plus ou moins longtemps dans les files des routeurs et des autres équipements. Lorsqu’un transfert occupe une liaison, les données d’un appel risquent de patienter derrière lui. C’est la quantité de trafic et son traitement qui comptent, pas seulement le nombre d’appareils connectés.

Le partage de l’accès radio en Wi-Fi ou sur un réseau mobile, les retransmissions et certains changements de chemin peuvent aussi modifier les délais. Une connexion en fibre ne supprime pas les variations introduites par le réseau local ou par le reste du parcours jusqu’au service.

Quels effets sur les appels, la vidéo et les jeux ?

Dans un appel en VoIP, ou voix sur IP, les données doivent être disponibles au moment de restituer le son. Des arrivées trop tardives peuvent produire une voix hachée ou robotisée. En visioconférence, elles peuvent aussi contribuer à des interruptions du son ou à une vidéo moins fluide.

Les jeux en ligne peuvent subir des mises à jour irrégulières de la position des joueurs ou des actions. L’effet dépend toutefois du jeu et de ses mécanismes de compensation. Une saccade ne prouve pas, à elle seule, un problème de gigue : les pertes réseau, le serveur ou les performances de l’appareil peuvent aussi être en cause.

Une vidéo à la demande peut charger du contenu à l’avance et absorber une partie des variations. Une conversation en direct dispose de moins de marge pour attendre. Il faut donc distinguer une vidéo préchargée d’un échange interactif, même si tous deux transportent de l’image et du son.

À quoi sert un tampon de gigue ?

Un tampon de gigue, ou jitter buffer, conserve brièvement les paquets reçus avant la restitution. Il permet, par exemple, de jouer les fragments audio à un rythme régulier malgré des arrivées irrégulières. Certains tampons adaptent leur durée aux conditions observées.

Cette compensation a un coût : attendre davantage ajoute du délai. Un paquet arrivé après son instant de restitution peut être écarté, même s’il a bien traversé le réseau. Le logiciel peut masquer une partie des manques, mais il ne répare pas toutes les perturbations.

Comment mesurer et interpréter la gigue ?

Les statistiques d’un appel ou un outil réseau peuvent afficher une valeur de gigue. Il faut vérifier ce qui est calculé : variation entre paquets, estimation lissée, écart à un délai de référence ou autre statistique. Le protocole RTP (Real-time Transport Protocol), utilisé pour les médias en temps réel, définit notamment une estimation lissée des variations entre paquets.

Une série de ping permet d’observer les fluctuations des temps aller-retour vers une cible. Elle ne mesure pas directement la gigue audio dans un seul sens, et ses résultats peuvent différer de ceux de l’application. Le minimum, le maximum ou l’écart-type d’un ping ne sont pas interchangeables avec tous les indicateurs nommés « jitter ».

Il n’existe pas de seuil universel de bonne gigue. Microsoft utilise, dans son analyse de qualité audio Teams, une gigue moyenne supérieure à 30 ms comme indicateur de mauvaise qualité. Ce repère concerne cet outil et ce service : les effets perçus dépendent aussi du tampon, des pertes et du délai total. Il ne justifie pas un classement valable pour tous les jeux et toutes les vidéos.

Que peut-on améliorer sur sa connexion ?

  • Comparer avec un câble : un essai en Ethernet permet d’écarter une partie des variations propres au Wi-Fi. Il ne corrige pas un problème situé plus loin sur Internet.
  • Réduire les gros transferts concurrents : suspendre une sauvegarde ou limiter un envoi peut aider lorsqu’il remplit la liaison et allonge les files d’attente.
  • Adapter la gestion du trafic : la QoS, ou qualité de service, peut favoriser les flux sensibles sur un équipement compatible. Son efficacité dépend des réglages et du point où se produit la congestion.