TikTok est souvent pointé du doigt concernant son effet sur les plus jeune, notamment sur la santé mentale. La Commission européenne vient de juger que cela était bien le cas et que le réseau n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’éviter.
Une conception addictive de la plateforme
La Commission européenne a estimé à titre préliminaire que l’application a bien enfreint le règlement sur les services numériques (Digital Service Act ou DSA) du fait de sa conception addictive.
En cause, le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push ainsi que son système de recommandation hautement personnalisé. Des fonctionnalités addictives que TikTok n’aurait pas évalué de façon adéquate selon l’Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
La façon dont elles ont été mises en place nuiraient ainsi au bien-être des utilisateurs de la plateforme, y compris les mineurs et rien n’a été mis en place par le réseau social afin d’atténuer ce risque.
Un constat partagé par le régulateur des télécoms qui a indiqué que les français passaient plus de 35 heures par semaine devant un écran à titre personnel et TikTok représenterait d’ailleurs un total de 39 heures par mois, soit un peu plus d’un quart du temps hebdomadaire.
Le régulateur a salué le travail de la Commission qui s’est appuyée sur l’apport de chercheurs et d’experts ainsi que sur les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que sur les contributions des régulateurs européens.
L’Arcom se félicite d’avoir contribué à mettre en lumière le caractère addictif de l’interface de TikTok et d’avoir ainsi permis à la Commission européenne de faire progresser son enquête. Les réseaux sociaux ont l’obligation de protéger leurs utilisateurs, en particulier les mineurs, contre des pratiques susceptibles de porter atteinte à leur santé physique ou mentale. Les conclusions préliminaires de la Commission européenne constituent un avertissement clair à l’ensemble des plateformes qui tenteraient de se soustraire à cette responsabilité.
Martin Adjari, président de l’Arcom
Une amende salée si les manquements sont confirmés
Le Conseil de la Commission demande au réseau social de modifier la conception de base de son service. Ce qui peut être rapidement fait puisque la plateforme peut arrêter le défilement à l’infini pour se conformer aux demandes ou encore de mettre en place des interruptions de temps d’écran.
Face aux constats de la Commission, TikTok a la possibilité de se défendre et d’examiner les documents figurant dans les dossiers de la Commission ainsi que d’y répondre.
Si le point de vue de la Commission est finalement confirmé, elle peut adopter une décision constatant un manquement ce qui peut aboutir à une amende proportionnelle aux faits pouvant atteindre jusqu’à 6% du chiffre d’affaires annuel mondial total de la plateforme.
La dépendance aux médias sociaux peut avoir des effets néfastes sur le développement de l’esprit des enfants et des adolescents. La législation sur les services numériques rend les plateformes responsables des effets qu’elles peuvent avoir sur leurs utilisateurs. En Europe, nous appliquons notre législation pour protéger nos enfants et nos citoyens en ligne
Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie

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