AMEL

Un AMEL, ou appel à manifestation d’engagements locaux, permet à une collectivité de mobiliser un opérateur privé pour déployer la fibre sur ses fonds propres dans un territoire défini. Les engagements acceptés par l’État sont juridiquement opposables et contrôlés par l’Arcep.

Sommaire

Caractéristiques principales d’un AMEL

  1. Une démarche locale : une collectivité sollicite des engagements de déploiement de la fibre sur un territoire défini.
  2. Un investissement privé : l’opérateur s’engage à financer le réseau sur ses fonds propres, sans subvention publique pour ce déploiement.
  3. Des engagements contrôlables : après acceptation par le ministre, leur respect relève du contrôle de l’Arcep.
  4. Un réseau ouvert aux fournisseurs : plusieurs opérateurs commerciaux peuvent l’utiliser, sans être nécessairement tous présents à chaque adresse.

Pourquoi le dispositif AMEL a-t-il été mis en place ?

Les appels à manifestation d’engagements locaux ont été lancés à partir de 2017 pour mobiliser de nouveaux investissements privés dans certaines zones moins denses, ou ZMD. Ils concernent le déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné, ou FTTH, notamment sur des territoires initialement envisagés pour l’initiative publique.

La collectivité peut ainsi faire couvrir une partie de son territoire par un opérateur privé, en complément des réseaux déjà construits ou prévus. AMEL décrit un cadre de déploiement et de financement : ce n’est ni une technologie de fibre différente, ni un abonnement, ni un niveau de débit.

Qui prend les engagements et qui les contrôle ?

La collectivité définit la démarche locale et retient une proposition. L’opérateur d’infrastructure, ou OI, chargé de construire et d’exploiter le réseau, propose des engagements sur un périmètre géographique et des échéances. Les obligations précises dépendent du dossier : le sigle AMEL ne fixe pas une date de couverture identique partout.

L’article L. 33-13 du Code des postes et des communications électroniques permet au ministre chargé des communications électroniques d’accepter ces engagements après avis de l’Arcep, le régulateur des télécommunications. C’est cette acceptation qui les rend juridiquement opposables : l’opérateur peut être tenu de les respecter.

L’Arcep en contrôle ensuite l’exécution et peut sanctionner les manquements selon la procédure prévue par la loi. Un engagement AMEL n’est donc pas une simple intention d’investissement. Il s’ajoute aux obligations générales applicables au réseau FTTH, notamment celles concernant l’accès des autres opérateurs et la complétude du déploiement.

Quelle différence entre AMEL, AMII et RIP ?

Ces termes décrivent des démarches différentes pour déployer les réseaux.

DispositifPrincipe
AMII : appel à manifestation d’intention d’investissementIssu de l’appel national de 2011 recensant les intentions de déploiement privé en zone moins dense. Des engagements juridiquement opposables ont ensuite été acceptés.
AMEL : appel à manifestation d’engagements locauxDémarche locale mobilisant un investissement privé sur un périmètre convenu avec la collectivité, avec des engagements acceptés par l’État.
RIP : réseau d’initiative publiqueProjet porté par une collectivité ou un groupement de collectivités. Le montage peut associer financements publics et privés et confier la construction ou l’exploitation à un opérateur.

La présence d’une entreprise privée ne suffit donc pas à reconnaître un AMEL : cette entreprise peut aussi intervenir sur un RIP. Il faut regarder qui porte le projet, comment il est financé et quels engagements ont été acceptés.

Quels sont les avantages et les limites d’un AMEL ?

L’objectif est de mobiliser des capitaux privés pour étendre la couverture, en limitant le recours aux subventions publiques pour le réseau concerné. Cela ne garantit ni un déploiement plus rapide qu’un RIP, ni l’absence de tout coût pour la collectivité, qui reste impliquée dans l’aménagement du territoire et le suivi du projet.

La portée des engagements, les difficultés de travaux et le respect des échéances doivent être examinés localement. Des engagements opposables donnent des moyens de contrôle, mais ne prouvent pas que tous les logements sont déjà raccordables. Le périmètre exact et les conditions de couverture figurent dans les documents d’engagement publiés par l’Arcep.

Quelles obligations de mutualisation s’ajoutent aux engagements AMEL ?

Le réseau FTTH relève du cadre de la ZMD, indépendamment des échéances particulières de l’AMEL. L’accès passif doit être proposé sur les lignes du point de mutualisation (PM) à la prise terminale optique (PTO) du logement. Pour un PM desservant moins de 1 000 locaux, une offre de raccordement distant doit aussi permettre l’accès depuis un point regroupant au moins 1 000 lignes. L’engagement de couverture et les obligations d’accès des fournisseurs se complètent.

Que change une zone AMEL pour les habitants ?

Le réseau est soumis aux règles de mutualisation : les fournisseurs d’accès à Internet, ou FAI peuvent y accéder pour vendre leurs abonnements. L’opérateur qui construit le réseau ne bénéficie pas d’une exclusivité commerciale. Toutefois, chaque fournisseur doit être présent sur ce réseau et rendre l’adresse éligible à ses offres (tous ne le font pas au même moment).

Utilisez notre test d’éligibilité fibre ou consultez notre guide du déploiement de la fibre qui explique les étapes entre les travaux dans la commune et l’ouverture des offres à une adresse.