Afin de lutter contre la pollution liée au numérique, plusieurs propositions sont allées dans le même sens : la fin de l’illimité sur les fixes et les mobiles. Mais les opérateurs sont contre cette idée qui serait un retour en arrière.
Plutôt que de responsabiliser les consommateurs, il faudrait leur interdire d’avoir des offres illimitées. C’est en substance le sens des propositions faites par le Sénat ainsi que par le Conseil national du numérique (CNNUM). Des propositions qui nous ramèneraient une vingtaine d’années en arrière, du temps du bas débit et des forfaits limités dans le temps.
En France, les forfaits mobiles sont principalement avec un godet DATA mais les offres fixes sont totalement illimitées, il est dès lors possible de consommer des To de données chaque mois et c’est ce qui poserait problème si l’on en croit nos institutions.
Ces propositions sont données pour le moment à titre indicatif et rien n’indique qu’elles seront effectivement suivies. Il faudrait que ces mesures soient reprises dans une proposition de loi et cela risque d’être difficile. Sébastien Soriano, Président de l’Arcep (le régulateur des télécoms), est intervenu récemment pour indiquer que ce sujet n’était pas à l’ordre du jour.
Hé twitter, est-ce qu’on peut arrêter de remuer cette histoire d’interdire les forfaits internet illimités ? Il n’y a AUCUNE actualité sur le sujet. Profitons du mois d’août 🤗 !
— Sébastien Soriano (@sorianotech) July 31, 2020
Les Echos rappellent que le numérique représente aujourd’hui 2% des émissions de gaz à effets de serre (GES) contre 5% pour l’aérien mais la part du numérique pourrait passer à 7% d’ici 20 ans si rien ne change. Cela ne prend pas tout en compte comme le fait que les appareils consomment moins aujourd’hui et qu’ils continueront à moins consommer demain ou encore le fait que le numérique peut aider à faire diminuer les émissions de GES d’autres secteurs (travail, agriculture, loisirs…).
De leur côté, les opérateurs ne cessent de marteler que la 5G consommera moins puisqu’elle permet de transporter plus de données avec une quantité d’énergie égale, ce qui absorbera en partie l’effet de rebond prôné par les anti 5G.
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui les abonnés mobiles utilisent en moyenne moins de 10 Go par mois, un chiffre tiré vers le haut par les plus gros consommateurs. Du côté du fixe, la consommation plus importante consomme moins d’énergie et la fibre pour tous devrait aider à faire baisser la consommation. D’ailleurs, le Sénat recommandait de télécharger ses contenus via une connexion WiFi plutôt que via la connexion 4G.
Avec les propositions faites par les institutions, nous nous retrouverions comme dans certains autres pays, avec un quota sur les offres fixes et des forfaits mobiles plus chers si l’on consomme plus d’internet. Un véritable retour en arrière, pour notre pays, qui pourrait créer un internet à double vitesse avec d’un côté ceux qui pourront se permettre de dépenser plus, et les autres.

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