Alors que Stéphane Richard, PDG d’Orange, avouait devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale que le réseau cuivre se détériorait à cause des nombreux vols et des intempéries, ses concurrents Free, SFR et Bouygues Telecom montent à nouveau au créneau pour dénoncer ce mauvais entretien.
Issu de l’ex monopole d’Etat, la boucle locale cuivre est utilisée par tous les opérateurs pour proposer des offres ADSL à leurs clients, seuls les équipements d’un côté (DSLam) et de l’autre (box) de la ligne cuivre vont différer dans le cas d’un accès dégroupé, tout ce qui se trouvera entre les deux, la boucle locale appartient à Orange.
Les opérateurs paient tous les mois une redevance à Orange pour pouvoir y avoir accès et ainsi proposer des offres aux clients. Le montant de celle-ci est fixé par le gendarme des télécoms, l’ARCEP, elle est de 9,31€ par mois et par abonné. Ce qui rapporte environ 1,5 milliard d’euros par an, pour entretenir et améliorer le réseau.
Une partie de cette enveloppe est donc dédiée à l’entretien, selon les estimations, la somme allouée serait d’environ 500 millions d’euros par an. Cela couvre à la fois la maintenance curative ainsi que la préventive. Or pour les opérateurs tiers, cela n’est pas suffisant, le réseau subit des pannes à répétition et les délais d’interventions sont parfois très longs même si le délai d’intervention est en moyenne de 47h, certains cas traînent des mois et des mois.
Plusieurs députés ont fustigés ce réseau vétuste qui tombe à certains endroits comme Laure de la Raudière dont les propos sont recueillis par Le Figaro « Il est inadmissible de laisser des abonnés deux ou trois semaines sans téléphonie fixe ni Internet. D’autant qu’en général, ils sont dans des zones qui ne sont pas couvertes par le mobile ».
L’ARCEP se serait emparé du sujet et les indicateurs de la qualité du réseau pourraient être revus afin de mettre en exergue les endroits où le réseau est peu entretenu et où cela porte préjudice au client et aux autres opérateurs.
Didier Casas, Directeur Général adjoint de Bouygues Telecom, d’ajouter : « Orange a la charge d’un réseau cuivre qui n’a pas vocation à disparaître. Nous achetons une prestation et attendons un maintien de la qualité ». Tous les opérateurs signalent les défaillances de la qualité du service sur le cuivre mais rien n’est fait par l’opérateur historique, laissant la situation péricliter.
Mais si les tiers se plaignent, ce n’est pas sans arrière pensée, ils espèrent ainsi obtenir une baisse du tarif dégroupage toujours selon Le Figaro. Un tarif plus bas pour augmenter les marges donc plutôt qu’avoir une bonne qualité de service pour ses clients, un choix qui interroge.

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