Google a lancé le projet Suncatcher : un programme de recherche visant à déterminer si l’espace pourrait accueillir des infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Huit fois plus d’énergie que sur Terre
Les centres de données ont besoin d’énergie et d’un système de refroidissement efficace et l’espace peut répondre facilement à ces deux problématiques.
La firme de Moutain View est partie d’un constat simple, en orbite basse les satellites bénéficient d’un ensoleillement quasi constant, ce qui génère jusqu’à huit fois plus d’énergie solaire que sur Terre tandis que le froid spatial évitera la surchauffe des composants.
De plus, l’espace permet de s’affranchir de tout un tas de contraintes comme les permis de construire, la colère des voisins… ce qui permet de déployer plus facilement.
Mais au-delà de ces bons points, les entreprises doivent faire face à de nombreux éléments dont le coût mais aussi à la faisabilité technique. Les composants sont soumis à des températures qui n’existent pas sur Terre ou encore à des radiations.
Des conditions extrêmes
La mission qui sera lancée par Google ce jeudi 1er octobre devrait tenter de répondre à ces interrogations. La firme va envoyer un prototype intégrant quatre TPU, des unités de calcul tensoriel, afin de voir s’ils supportent toutes les contraintes du vol et de l’espace.
Google va voir si les puces résistent aux éruptions solaires et aux rayons cosmiques et il mettra à l’épreuve son système de refroidissement. Bien qu’il fasse près de -270 °C, il n’y a pas de circulation de l’air, ce qui empêche le refroidissement passif.
Sur ce point, Google a travaillé sur une combinaison intégrant des caloducs et des radiateurs afin de refroidir les puces. Si le système a passé les tests en laboratoires, il faut également le soumettre aux aléas de l’espace afin de voir s’il pourra tenir dans le temps.
Le prix comme clé de voute du projet
Le lancement à venir n’est qu’une première étape et Google travaille déjà sur les prochaines étapes prévues pour 2027 avec notamment l’envoi de satellites afin de tester les liaisons optiques entre eux.
Mais le point le plus important est celui du prix. Si Google, ou ses concurrents, ne parvient pas à passer sous la barre des 200 dollars par kilogramme, il restera toujours plus avantageux de déployer les infrastructures sur Terre, même avec des voisins qui veulent empêcher l’installation de centres de données à proximité de chez eux.