Les négociations sur le sort des salariés de SFR reprennent vendredi 16 octobre au matin. Les représentants du personnel et le consortium formé par Orange, Bouygues Telecom et Free/Iliad se retrouvent autour de la table pour la première fois depuis la suspension des discussions en septembre, rapporte Les Echos. Les acheteurs reviennent avec une nouvelle proposition dont le contenu n’a pas filtré.
Le blocage portait sur un point précis : lors de la réunion du 21 septembre, le consortium avait affirmé ne plus avoir d’offre à formuler. « Le consortium nous avait dit qu’il n’avait pas d’autre proposition à faire lors de la dernière réunion, mais il est revenu vers nous », résume Olivier Lelong, délégué CFDT, cité par l’AFP.
Un projet à 20,35 milliards d’euros
Le rachat de SFR par ses trois concurrents a été acté par un protocole signé le 6 juin, pour une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros. L’opération reste soumise à l’examen de l’Autorité de la concurrence et ne peut donc pas être considérée comme bouclée.
Sur le volet social, les repreneurs promettent « une solution d’emploi à chacun des 8 000 salariés du périmètre repris » : environ 5 000 pourraient rejoindre les trois opérateurs au lendemain de l’opération, et quelque 3 000 poursuivraient leur activité chez SFR pour conduire la migration des réseaux sur plusieurs années. Les repreneurs se sont engagés à garantir les emplois jusqu’au début 2029, et environ 2 500 transferts sont déjà identifiés, dont 2 300 vers Bouygues Telecom, auxquels s’ajoutent les équipes de 120 boutiques.
Les syndicats réclament des garanties de reclassement
Les organisations syndicales contestent ce schéma. Pour elles, SFR disparaissant, les 3 000 salariés maintenus temporairement se retrouveront sans emploi : la priorité d’embauche annoncée ne constitue pas une garantie de reclassement. « SFR va disparaître, donc les 3 000 n’auront plus d’emplois, on veut des solutions de reclassement », plaide Olivier Lelong auprès de l’AFP. Les syndicats réclament trois propositions de reclassement par salarié au lieu d’une seule, ainsi que des indemnités de départ plus élevées.
Le désaccord a débouché sur un mouvement social : la grève du 24 septembre a été suivie par environ un tiers des 8 000 salariés, selon les syndicats. Le CSE central a par ailleurs défendu le même jour un référé engagé contre les acheteurs et contre Altice France devant le tribunal judiciaire de Paris. La décision est attendue le 26 octobre. Une procédure au fond, visant notamment à obtenir davantage d’informations sur la cession, doit être examinée début décembre.
Les discussions en cours portent aussi sur le dispositif d’accompagnement des salariés qui refuseraient l’offre. Selon Les Echos, l’enveloppe globale a été relevée d’environ 15 %, passant d’environ 800 millions à près d’un milliard d’euros, sans convaincre les représentants du personnel. Un point reste absent des négociations : le sort d’Altice Technical Services, filiale d’environ 3 200 salariés qui ne fait pas partie du périmètre de la vente.
