Les Européens ne sont pas parvenus à trouver un accord au sein de l’Union européenne concernant le contrôle des conversations privées. En attendant la version définitive du texte, une version temporaire a été mise en place.
Trop de données pour les analystes humains
Cette version autorise les entreprises comme Google, Microsoft, Snap ou Meta à analyser le contenu des messages privés qui sont échangés sur leurs plateformes, dans le but de lutter contre les abus sexuels sur mineurs.
Cependant, les conversations analysées et les messages suspects découverts dans le cadre de cette mission de surveillance ne restent pas en Europe, d’après Arvid Grange. En effet, la législation américaine oblige à transmettre les signalements suspects, y compris ceux dans l’Union européenne, au Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC). Une organisation qui travaille en étroite collaboration avec Palantir.
En 2025, le NCMEC a reçu 21 millions de signalements de cas potentiels. L’organisation n’ayant que 25 analystes, elle s’appuie sur un logiciel de Palantir capable de traiter de grands volumes de données.
Des transferts illégaux
Problème : il n’est pas possible de savoir ce qu’il advient des données traitées par la société de Peter Thiel, ni de connaître leur durée de conservation. Les seules indications sont que le logiciel aide à trouver des liens entre différentes sources de données et qu’il est hébergé localement, sans que Palantir y ait accès.
De plus, l’organisation n’est pas enregistrée par l’Union européenne comme étant fiable pour le transfert de données ; des voies alternatives sont donc utilisées par les entreprises pour faire parvenir les données des utilisateurs européens au NCMEC.
Une pratique qui interroge d’autant plus que de nombreux faux positifs sont transmis, allant dans des proportions variant d’une image sur mille à une image sur dix selon le contenu envoyé. Les images de visage sont souvent signalées, tout comme les images de nus entre adultes consentants.
Seuls les services de messagerie chiffrés de bout en bout tels que WhatsApp, Messenger et Signal échappent à ce contrôle des conversations. Des exceptions que les législateurs aimeraient faire sauter à l’avenir.
