L’Alliance Française des Industries du Numérique (AFNUM) a publié un livre blanc plaidant pour le maintien du chiffrement de bout en bout dans les messageries privées.
Pas d’alternative selon le député Florent Boudié
Le gouvernement tente par tous les moyens de remettre en cause ce principe de sécurité, notamment au travers de sa proposition de loi contre le narcotrafic qui vise à lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.
La fin du chiffrement de bout en bout entraînerait une atteinte au secret des correspondances et un risque accru en cas de piratage. Les multiples fuites qui touchent de très nombreux acteurs ne sont d’ailleurs pas rassurantes face à la remise en question de ce principe.
Face au tollé suscité par la proposition, le gouvernement avait alors confié au député Florent Boudié la réalisation d’un rapport sur le chiffrement, qu’il a remis au début de ce mois d’octobre.
Dans ses conclusions, le député souligne qu’il n’existe aujourd’hui aucune alternative à ce principe du chiffrement de bout en bout. Celui-ci ne pourrait donc pas être remis en cause pour un chiffrement dont seules les autorités auraient la clé.
Un rapport plébiscité par l’AFNUM
L’AFNUM se félicite d’ailleurs de ce rapport et demande que sa préconisation soit suivie. Elle va même jusqu’à demander aux pouvoirs publics d’écarter toute disposition qui obligerait les plateformes de messageries à déchiffrer les communications. Cette demande vise clairement le projet de loi Résilience, actuellement discuté à l’Assemblée nationale.
Avec son livre blanc, l’Alliance entent clairement apporter un éclairage technique complémentaire autour du chiffrement, pour expliquer en quoi il est important et pourquoi celui-ci ne saurait être remis en cause sans fragiliser toute la chaîne.
Le chiffrement est à la fois une condition de la liberté individuelle, un levier de souveraineté et un rempart contre les ingérences. Les tentations de compromis techniques, de solutions dites « intermédiaires » ou d’aménagements politiques, reposent souvent sur une incompréhension des fondements mêmes de la cryptographie. Or, il n’existe pas aujourd’hui de demi-chiffrement fiable, pas plus qu’il n’existe de porte dérobée qui ne fragilise pas l’ensemble du système.
Extrait de la conclusion du livre blanc de l’AFNUM
