Le 13 octobre 2026, plusieurs fonds, dont Elliott Investment Management, Arini Capital Management et Diameter Capital Partners, ont saisi la justice new-yorkaise contre Altice International selon Le Monde.
Ces investisseurs reprochent au groupe d’avoir déplacé plusieurs milliards d’euros d’actifs vers des sociétés contrôlées par Patrick Drahi, mais échappant à certaines protections des créanciers.
En novembre 2025, les activités portugaises et dominicaines avaient notamment été transférées dans des structures bénéficiant d’une plus grande autonomie financière.
Ces opérations inquiètent les prêteurs, alors qu’Altice International doit rembourser près de 9 milliards d’euros de dettes, dont 3,1 milliards dès 2027, puis 2,8 milliards en 2028 et 2,6 milliards en 2029.
Une stratégie déjà appliquée chez SFR
Ces opérations rappellent la méthode utilisée lors de la restructuration d’Altice France : en isolant certains actifs stratégiques, notamment XpFibre, il avait renforcé sa position face aux créanciers.
Cette stratégie avait permis de réduire la dette d’Altice France de 24 à 15,5 milliards d’euros, en échange de 45 % du capital accordés aux prêteurs.
Cette restructuration a ensuite facilité le projet de vente de SFR à Bouygues Telecom, Free et Orange pour un montant compris entre 20,35 et 21 milliards d’euros, sous réserve de l’accord de l’Autorité de la concurrence.
Aux États-Unis, une autre bataille judiciaire
Les difficultés se multiplient également pour Optimum, l’opérateur américain de Patrick Drahi, endetté à hauteur de 26,7 milliards de dollars.
Le 28 septembre, plusieurs créanciers, dont Apollo Global Management et Oaktree Capital, ont déposé plainte à New York et contestent le transfert d’activités vers une nouvelle société, estimant que cette opération pourrait compromettre leurs remboursements.
Optimum avait de son côté engagé des poursuites contre certains prêteurs dès novembre 2025, les accusant de pratiques anticoncurrentielles.
Le démantèlement de l’empire Altice se poursuit
Parallèlement, Patrick Drahi continue de céder des actifs pour réorganiser son groupe : après le projet de vente de SFR et la cession annoncée de sa participation dans OXG en Allemagne, les regards se tournent vers XpFibre.
Cette société, qui dispose de 7,4 millions de lignes de fibre optique en France, pourrait être vendue pour 7,8 à 8,4 milliards d’euros à un des deux candidats qui restent en lice (Brookfield Infrastructure Partners et DataBridge) selon Le Monde.
