À l’occasion du sommet spatial qui s’est tenu il y a quelques jours à Paris, le CEO d’Orange Wholesale, Michael Trabbia, a tenu à rappeler dans une tribune publiée dans Les Echos que malgré son retard dans le spatial, l’Europe peut revenir sur le devant de la scène.
Des délais à rallonge
Mais pour cela le Vieux Continent doit se défaire de nombreux carcans hérités d’un autre temps. Comme le rappelle bien Michael Trabbia, les entreprises et les gouvernements font face à un modèle qui « est devenu un handicap face au modèle intégré et agile de Space X ».
Les programmes européens ne se font qu’au « rythme d’appels d’offres et de spécifications arrêtées quatre ou cinq ans avant le lancement d’un service qui va durer dix ans ». Difficile dès lors de rivaliser avec les entreprises outre-Atlantique, qui n’ont pas tous ces délais.
De nouveaux projets plus rapides
Toutefois, les récentes annonces autour d’IRIS² ou de la technologie Direct-to-Device redonnent de l’espoir, non pas au niveau de l’innovation mais au niveau des fréquences. En limitant l’accès à une partie du spectre radio à des acteurs européens, le Vieux Continent se donne la possibilité de voir émerger sa solution souveraine, écartant les risques stratégiques, comme le souligne le CEO.
Ce changement de paradigme devra par contre être accompagné d’une évolution du modèle industriel, sans quoi il sera difficile d’obtenir des délais courts même si certains secteurs commencent déjà à s’affranchir des délais en faisant appel à de jeunes entreprises.
L’Europe dispose aujourd’hui des fréquences, des compétences et d’un premier projet commun pour reprendre l’initiative. La fenêtre est étroite. Elle est bien réelle. À nous, désormais, de ne pas la laisser se refermer.
Michael Trabbia, directeur exécutif et CEO Orange Wholesale
