Le régulateur des télécoms s’est penché sur les interconnexions entre les opérateurs et le reste de la toile, il revient notamment sur le trafic entrant, toujours porté par cinq acteurs principaux.
Le trafic entrant
Le trafic entrant chez les opérateurs a atteint 56 Tb/s fin 2025, soit une hausse de 10,4% par rapport à 2024, une augmentation dans la continuité de celles de 2023 et 2024 mais plus faible qu’auparavant où elles se situaient entre 20 et 50%, y compris en dehors de 2020 où le trafic avait augmenté avec le confinement.
Ce trafic est majoritairement le fait de cinq acteurs, un CDN et quatre fournisseurs de contenus, ce qui ne change pas depuis maintenant plusieurs années et il a même encore augmenté l’année dernière en passant à 48,9% du trafic à destination des utilisateurs contre 46,9% en 2024.
On retrouve ainsi Akamai en première position mais ce CDN transporte du trafic venant d’autres acteurs tels que des plateformes de télévision, au moins en partie.
On retrouve en seconde position Netflix avec 11,6% du trafic puis Amazon qui représente 9,6% du trafic, Google avec 8,9% du trafic et enfin Meta (WhatsApp, Instagram et Meta) avec 6,8% du trafic. A titre de comparaison, Apple compte pour 1,94% du trafic et ByteDance (TikTok) pour 1,14%.
A noter que les sociétés utilisant des CDN ont envoyé 1,5 Tb/s de données vers ces derniers pour une redistribution de 14,8 Tb/s en sortie.

Le trafic sortant
Le trafic sortant du réseau des quatre principaux opérateurs en France a atteint environ 6,6 Tb/s, montrant une large disparité entre les deux sortes de trafic.
Toutefois, celui-ci a augmenté de 28,1% sur une année et il a contribué à la baisse du ratio d’asymétrie qui a été amorcé en 2022. Plus concrètement pour chaque giga transmis dans le sens sortant, il y a eu 8,5 Gb/s de trafic reçu par les opérateurs.
Les capacités des opérateurs
Si les opérateurs font face à un trafic qui augmente d’années en années, ils ont de quoi voir venir. En effet, les capacités installées à l’interconnexion atteignent 160,2 Tb/s soit 2,9 fois plus que le trafic entrant.
D’autant plus que les opérateurs font constamment augmenter ces capacités puisqu’elles ont grimpé de 8,7% sur 2025, montrant un essoufflement par rapport aux années précédentes mais qui reste assez proche de l’augmentation du trafic entrant.
Si les capacités peuvent largement encaisser le trafic, cela n’exclut pas l’existence de congestion du réseau qui peut se faire entre deux acteurs sur un ou plusieurs liens en fonction du trafic.
