Le marché français de l’internet fixe se transforme davantage qu’il ne grossit. D’après les résultats provisoires publiés par l’Arcep le 10 septembre 2026, la France comptait 33,1 millions d’abonnements internet fixe au 30 juin. Le parc n’a augmenté que de 50 000 abonnements en trois mois, mais affiche une progression de 410 000 accès sur un an.
La fibre gagne 460 000 abonnements en trois mois
Cette faible croissance globale masque la poursuite de la migration vers les réseaux de nouvelle génération. Le nombre d’abonnements à très haut débit atteint désormais 29,9 millions, soit 90 % de l’ensemble des accès internet fixe. Il a progressé d’environ 410 000 au cours du trimestre.
La fibre optique de bout en bout, ou FttH, concentre l’essentiel de cette croissance. Elle totalise 28,1 millions d’abonnements, après un gain de 460 000 accès entre avril et juin. La fibre représente ainsi 85 % du parc internet fixe français, contre 79 % un an auparavant. Sa progression ralentit toutefois, puisque 610 000 abonnements supplémentaires avaient été enregistrés au deuxième trimestre 2025.
À l’inverse, les abonnements haut débit poursuivent leur recul. Leur nombre est tombé à 3,2 millions, soit seulement 10 % du parc, après une baisse de 364 000 accès en trois mois. Le DSL ne représente plus que 2,58 millions d’abonnements, contre 4,21 millions un an auparavant.
Le rythme de déploiement a chuté de près de 47 %
Du côté des infrastructures, 43,1 millions de locaux sont désormais raccordables à la fibre. Ce total a augmenté d’environ 276 000 prises au deuxième trimestre, soit une progression de 3 % sur un an. En intégrant le câble et le cuivre capable de fournir du VDSL2, 43,7 millions de locaux disposent d’une couverture en très haut débit filaire.

L’Arcep comptabilisait environ 521 000 nouvelles lignes FttH au deuxième trimestre 2025, contre seulement 276 000 au deuxième trimestre 2026. Le rythme trimestriel a donc diminué d’environ 47 % en un an.
Le ralentissement est également visible sur les réseaux d’initiative publique, qui couvrent les territoires dans lesquels les collectivités interviennent. Ils comptent désormais 16,8 millions de locaux raccordables, dont 7,5 millions dans les communes rurales et 2,1 millions dans les communes de montagne. Mais seuls 143 000 locaux supplémentaires y ont été rendus raccordables au deuxième trimestre, contre 279 000 un an auparavant.
Encore 2,1 millions de locaux à rendre raccordables
Au 30 juin, 2,1 millions de locaux restaient à rendre raccordables à la fibre, soit 4,7 % du parc recensé par les opérateurs.
Ces dernières adresses correspondent à des situations très différentes. L’équivalent de 1,4 % du parc total se trouve encore en phase d’étude, tandis que 0,6 % est en construction et 0,6 % en cours de déploiement. Les refus de tiers, qui peuvent notamment concerner un propriétaire, une copropriété ou une autorisation d’accès, représentent 1,1 % des locaux. L’Arcep estime par ailleurs que 0,5 % du parc n’était pas encore planifié à la date de l’observation.
Ces chiffres montrent que les dernières prises ne relèvent pas uniquement de travaux techniques. Une partie des retards dépend aussi de procédures administratives, d’accords privés ou de situations locales plus difficiles à résoudre.
Marseille, Toulouse et Strasbourg restent en retrait
Malgré une couverture moyenne supérieure à 95 % dans les zones très denses, des écarts subsistent entre les principales villes françaises.
Parmi les dix communes de zones très denses comptant le plus de locaux, Lyon atteint 98 % de couverture et Nice ou Bordeaux 97 %. Paris se situe à 96 %. Marseille reste en revanche à 90 %, tandis que Toulouse, Montpellier et Strasbourg affichent 93 % et Lille 94 %.
L’Arcep précise que ces taux peuvent évoluer lentement, voire rester stables, lorsque les opérateurs découvrent de nouveaux logements ou locaux professionnels au cours de leurs études de terrain. Le nombre total d’adresses à couvrir peut alors augmenter aussi vite, voire plus rapidement, que le nombre de nouvelles prises construites.
Quatre opérateurs présents sur la grande majorité du réseau
La mutualisation du réseau FttH continue parallèlement de progresser. À l’échelle nationale, 94 % des locaux raccordables dépendent désormais d’un point de mutualisation auquel au moins quatre opérateurs commerciaux sont raccordés.
Ce taux atteint 96 % dans les zones moins denses d’initiative privée et 94 % sur les réseaux d’initiative publique. Les zones couvertes dans le cadre des appels à manifestation d’engagements locaux restent plus en retrait, avec un taux de 83 %.
Les grands engagements de déploiement en zones AMII approchent également de leur terme. À la fin du trimestre, 96,4 % des locaux situés dans les communes couvertes par l’engagement d’Orange étaient raccordables. Le taux atteignait 98,3 % dans le périmètre attribué à SFR.
