Les opérateurs européens, dont Orange, demandent un assouplissement des nouvelles règles de l’UE

L'UE veut imposer de nouvelles règles aux opérateurs. Ces derniers estiment qu'elles devraient être assouplies pour continuer à investir

Les PDG de plusieurs opérateurs européens ont publié une lettre ouverte à destination des décideurs politiques de l’Union européenne. Ils les appellent à revoir leur stratégie.

475 milliards d’investissements supplémentaires

Cette lettre, signée par 17 dirigeants au total, dont Christel Heydemann d’Orange, Marc Mutra de Telefonica ou encore Timotheus Hottges de Deutsche Telekom, fait suite à la proposition de Bruxelles concernant « des réformes politiques incohérentes ».

Selon les opérateurs, celles-ci ne répondraient pas aux besoins du secteur qui est confronté à des dépenses importantes de 64 milliards d’euros et qui aurait besoin de 475 milliards supplémentaires pour se doter de réseaux performants avec la 5G autonome, le satellite, les câbles sous-marins, le gigabit pour tous ou encore la future 6G.

Des fréquences à vie

Les opérateurs visent deux textes en particulier. Le premier est le DNA (Digital Network Act). Cette loi sur les réseaux numériques ne répond pas aux conditions d’investissement et d’innovation en matière de connectivité.

Les opérateurs demandent notamment à obtenir des licences de fréquences mobiles pour une durée illimitée ou pour 40 ans au minimum dans certains cas. Les opérateurs rappellent qu’au cours des douze dernières années, 110 milliards d’euros ont été payés pour l’octroi de licences. Ce sont autant de capitaux qui n’ont pas pu servir au déploiement de la 5G ou de la fibre au niveau du bloc.

Alors que la fibre est largement déployée sur le Vieux Continent, les opérateurs demandent aux législateurs de ne plus imposer de calendrier de fermeture de l’ADSL. Une demande étonnante, d’autant plus que les opérateurs souhaiteraient que les consommateurs restent libres de choisir.

Ne pas interdire totalement Huawei

Le second texte est sans doute un peu moins connu. Il s’agit du CSA (Cybersecurity Act), la loi sur la cybersécurité qui vise notamment l’éviction des entreprises chinoises des réseaux de télécommunications.

Les opérateurs estiment que les obligations imposeraient jusqu’à 40 milliards d’euros de coûts de remplacement des équipements, privant là aussi le secteur d’investissements importants.

Au lieu d’une interdiction, ils prônent une approche d’atténuation des risques en prenant en compte le cycle de vie des investissements.

Faciliter les consolidations

Enfin, les opérateurs demandent un assouplissement des règles concernant les concentrations afin de permettre des consolidations aussi bien au niveau national qu’au niveau international, ce qui aiderait à investir et à innover. Une demande qui arrive en plein épisode de rachat de SFR par ses trois concurrents.

GT
Geoffrey Thomassin
Expert télécom · AlloForfait

Après avoir travaillé pour différents opérateurs télécoms, il suit depuis plus de 10 ans l’actualité du secteur pour AlloForfait, avec un regard attentif sur les offres mobiles, les box internet et les évolutions du marché.

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