Dans une optique de réduction des coûts, Orange Business (OB) a mis en place un partenariat stratégique global avec l’intégrateur indien Tech-Mahindra, baptisé Projet Bartok.
Un plan appliqué malgré les rejets
Sous ce nom se cache le transfert de plus de 3 000 salariés (hors France) de la branche business du groupe de télécommunications, branche dont les revenus sont toujours en baisse comme le montrent les résultats du troisième trimestre de l’opérateur.
Ce plan a été rejeté presque immédiatement par les différentes organisations syndicales européennes d’Orange lors du Comité Groupe Europe de juillet dernier, mais la direction l’a tout de même mis en place dans la foulée.
Lors des discussions autour de ce plan, OB s’était engagé auprès des salariés transférés sur une garantie de l’emploi d’au moins 12 mois au travers d’un TUPE (transfert d’entreprise, protection de l’emploi) mais l’application concrète des promesses serait assez loin de la réalité.
Des oublis et des détournements
D’après la CFE-CGC Orange, le TUPE n’a pas été appliqué en Roumanie conduisant à un licenciement pur et simple des salariés qui ont été ensuite réembauchés dans la nouvelle structure avec notamment la perte des droits liés à l’ancienneté.
En Turquie, les salariés concernés se sont vu proposer de passer par une société de portage salarial en attendant d’être intégrés dans Tech-Mahindra, notamment pour sortir ces salariés avant un certain délai.
D’autres faits, moins graves, ont eu lieu en Autriche où le transfert a dû être reporté faute de documents contractuels finalisés de la part de la firme indienne, ainsi qu’en Grèce où les courriers de transfert omettaient des points cruciaux comme la rémunération en cas de licenciement, des éléments négociés par les syndicats en amont.
Tech-Mahindra mettrait la pression
Tech-Mahindra pourrait être le fautif dans cette affaire. L’entreprise n’a pas hésité à faire pression sur les salariés en utilisant la garantie de 12 mois de protection afin de les inciter à signer des propositions non conformes à la législation locale et moins avantageuses que les contrats actuels, poursuit la CFE-CGC.
Le syndicat s’inquiète des choix concernant Tech-Mahindra,d’autant plus que des clients menaceraient de partir à cause de ce prestataire.
