Le magazine OWNI affirme dans une enquête que « le groupe Orange s’est compromis dans un schéma de corruption du régime de Zine el-Abidine Ben Ali lors de l’attribution de la troisième licence de téléphonie fixe et mobile en Tunisie ».
Tout d’abord, Orange n’a pas remporté de licence en Tunisie : le groupe a obtenu pour 95 millions d’euros 49% de la société Divona, juste après l’obtention par cette dernière d’une licence 2G/3G.
Le capital de la société après la prise de participation du groupe français s’élevait à 137 millions d’euros. Orange a ainsi déboursé environ 25 millions d’euros en plus de la valeur réelle (49% de 137 millions = environ 67 millions d’euros).
Cette générosité a profité à Investec, propriété de Marouane Mabrouk et sa femme Cyrine Ben Ali, fille du dictateur Zine el-Abidine Ben Ali.
Investec, en investissant « seulement » 40 millions d’euros, se retrouve en possession de 51% des parts de Divona, valorisées à 70 millions d’euros en rapportant cette participation au capital de la société.
Selon OWNI, Orange « est susceptible de violer la convention de Mérida sur la corruption ». Ces révélations contredisent leurs propos de Stéphane Richard à Challenges :
« En Tunisie, Orange a investi 260 millions d’euros: la moitié pour le réseau et l’autre pour acheter la licence. Ces 130 millions ont bien été versés à l’Etat et pas à l’entourage de l’ex-président. »
De plus, Marouane Mabrouk, gendre de Ben Ali et actionnaire avec sa femme de 51% d’Orange Tunisie, a été ajouté à la liste noire de l’entourage de Ben Ali dont les actifs doivent être confisqués. Orange Tunisie pourrait ainsi être nationalisé à hauteur de 51%, aux cotés de France Télécom.
Commentaires