Caractéristiques principales d’un hyperscaler
- Une très grande capacité informatique : il exploite de nombreux serveurs et des réseaux pour fournir du calcul, du stockage et des services numériques.
- Une infrastructure répartie : ses centres de données se trouvent dans plusieurs zones géographiques, avec des services dont la disponibilité varie selon les lieux.
- Une exploitation largement automatisée : des outils permettent d’attribuer et d’ajuster les ressources selon les besoins et les réglages du client.
- Un vaste ensemble de services : serveurs virtuels, bases de données, stockage et outils d’intelligence artificielle peuvent être combinés.
Quelle différence avec un fournisseur de cloud ou un data center ?
Le cloud, ou informatique en nuage, désigne une manière de fournir des ressources et des applications à la demande par un réseau. Un hyperscaler est un acteur qui met en œuvre ce modèle à très grande échelle. Tous les fournisseurs de cloud ne sont donc pas des hyperscalers.
Un data center, ou centre de données, est un lieu physique abritant des équipements informatiques. L’expression « centre de données hyperscale » qualifie une infrastructure conçue pour une exploitation à très grande échelle ; « hyperscaler » désigne ici l’entreprise qui exploite ces moyens. Posséder un grand bâtiment ne suffit pas à décrire la capacité d’automatisation et l’ensemble des services proposés.
Quels acteurs sont généralement appelés hyperscalers ?
Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud sont des exemples courants dans le cloud public. L’Autorité de la concurrence les désigne ainsi dans son avis sur le secteur publié en 2023. Ces trois exemples ne constituent pas une liste exhaustive.
Ces fournisseurs proposent notamment des machines virtuelles, du stockage, des bases de données et des services de traitement des données. Un éditeur peut s’appuyer sur ces ressources pour faire fonctionner son site ou son application : l’utilisateur final bénéficie alors de cette infrastructure sans avoir lui-même souscrit de contrat auprès de l’hyperscaler.
Plusieurs régions garantissent-elles un service sans panne ?
Non. Chez AWS, une région correspond à une zone géographique et comprend plusieurs zones de disponibilité. Chaque zone peut réunir un ou plusieurs centres de données. Cette organisation permet de répartir une application entre des emplacements distincts, mais il faut choisir et configurer cette répartition selon le service.
Déployer toutes les ressources dans une seule zone peut laisser l’application exposée à une panne de cette zone. Certaines ressources peuvent être répliquées entre régions sans que cette réplication soit réalisée automatiquement. La présence mondiale du fournisseur ne signifie donc pas que chaque donnée est copiée partout.
La continuité dépend de l’architecture retenue, des mécanismes de bascule et des engagements contractuels. Une réplication ne remplace pas non plus une sauvegarde indépendante permettant de revenir à un état antérieur après une erreur.
Quel est leur rôle dans les télécommunications ?
Les centres de données ont besoin de liaisons à forte capacité. Les hyperscalers exploitent de grands réseaux et peuvent investir dans des câbles terrestres et sous-marins en fibre optique. Google Cloud présente ainsi un réseau privé reliant son infrastructure mondiale.
Cela ne remplace pas le rôle du FAI, ou fournisseur d’accès à Internet, qui connecte l’abonné. Quand vous utilisez une application hébergée dans le cloud, les échanges empruntent votre accès, les interconnexions entre réseaux puis l’infrastructure du service.
Certains fournisseurs proposent aussi des ressources plus proches des utilisateurs, selon le principe de l’edge computing, ou informatique en périphérie. Cette implantation peut réduire une partie du trajet réseau. Elle n’est pas nécessairement une alternative aux hyperscalers : elle peut faire partie de leur offre.
Quelles limites faut-il connaître ?
Le coût et la dépendance. Un large catalogue facilite la construction d’une application, mais l’utilisation de fonctions propres à un fournisseur peut compliquer son transfert ailleurs. Les économies d’échelle ne garantissent pas la facture la plus basse pour chaque client. Il faut considérer les ressources consommées, les services associés et le travail nécessaire pour changer d’environnement.
En France et en Europe, des règles visent à faciliter le changement de fournisseur, la récupération des données et l’interopérabilité des services. L’Arcep intervient dans cette régulation du cloud. Cela ne rend pas automatiquement deux services identiques ni une migration sans travail technique.
La sécurité et la maîtrise des données. Le terme « hyperscaler » ne constitue pas un label de sécurité ou de souveraineté. Il faut examiner l’offre précise, les lieux de traitement, les accès aux données et les garanties contractuelles. En France, la qualification SecNumCloud de l’ANSSI porte sur une offre déterminée, pas sur l’ensemble des services d’une entreprise et ne garantit pas à elle seule la sécurité de l’application que le client y déploie.
Les moyens physiques. Une très grande infrastructure nécessite du matériel, des bâtiments et de l’électricité. L’augmentation des capacités n’est donc pas sans contraintes ni impact : le mot « nuage » ne décrit pas un service immatériel.
Sources officielles
- IBM – Qu’est-ce que l’hyperscale ? (en anglais)
- Autorité de la concurrence – Avis sur le fonctionnement concurrentiel du cloud
- AWS – Fonctionnement d’Amazon EC2 Auto Scaling (en anglais)
- AWS – Régions et zones de disponibilité (en anglais)
- Google Cloud – Infrastructure mondiale (en anglais)
- Arcep – L’informatique en nuage (cloud)
- ANSSI – Questions sur la qualification SecNumCloud
