Caractéristiques principales du transit IP
- Un accès aux autres réseaux : un opérateur vend à son client une connectivité vers l’ensemble d’Internet, dans le périmètre prévu au contrat.
- Des échanges dans les deux sens : le service permet d’envoyer du trafic et de rendre le réseau client joignable depuis l’extérieur.
- Un service payant : son prix dépend notamment de la capacité et des modalités de facturation convenues.
- Un complément au peering : un réseau peut utiliser des échanges directs pour certaines destinations et du transit pour les autres.
À quoi sert le transit sur Internet ?
Internet réunit de nombreux réseaux : ceux des fournisseurs d’accès à Internet (FAI), des hébergeurs ou des fournisseurs de contenus. Ces réseaux s’organisent en systèmes autonomes, ou AS (Autonomous Systems), avec leurs propres politiques de routage.
Un fournisseur de transit, appelé transitaire, permet à un réseau de communiquer au-delà de ses seules interconnexions directes. Il utilise son infrastructure et ses accords avec d’autres réseaux pour acheminer les paquets IP, ou Internet Protocol. Le service concerne aussi bien des échanges nationaux qu’internationaux : la longue distance ne définit pas le transit.
Ce service d’accès à Internet ne doit pas être confondu avec une liaison privée entre deux sites d’entreprise. Une fibre ou un circuit de transport relie des points ; un service de transit apporte en plus la connectivité vers les réseaux Internet.
Comment les réseaux choisissent-ils le chemin des données ?
Le protocole BGP (Border Gateway Protocol) sert à échanger des informations de routage entre AS. Les réseaux annoncent les groupes d’adresses IP qu’ils peuvent joindre, appelés préfixes. Un client peut ainsi annoncer ses adresses à son transitaire, qui les diffuse selon ses accords et ses règles.
Les routeurs utilisent les routes retenues pour transmettre les paquets vers la prochaine étape. La sélection dépend des politiques du réseau et des routes disponibles. BGP ne garantit pas le chemin géographique le plus court ni le plus faible délai. Le trajet peut changer après une panne ou une modification de routage.
Transit et peering : quelle différence ?
Le peering, ou appairage permet à deux réseaux d’échanger du trafic pour leurs propres destinations et celles de leurs clients. Il ne donne pas, à lui seul, accès à toutes les routes que l’autre réseau connaît. Le transit apporte une portée plus large, généralement vers l’ensemble d’Internet.
La différence ne se résume donc pas à « payant contre gratuit ». Le peering peut être payant. Même sans facturation du trafic entre pairs, les équipements, les ports et les raccordements ont un coût.
Un point d’échange Internet, ou IXP (Internet Exchange Point), fournit une infrastructure commune pour interconnecter des réseaux. Y être raccordé ne crée pas automatiquement un accord avec tous les participants. On peut y établir des relations de peering, mais aussi y acheter du transit.
Comment le transit est-il facturé ?
La facturation peut porter sur une capacité forfaitaire ou prévoir un engagement minimal, appelé commit, et une part variable. Une méthode courante est le 95e centile : on relève régulièrement le débit, on écarte les 5 % des mesures les plus élevées, puis on retient la plus élevée parmi celles qui restent. Le contrat précise le calcul et le traitement des deux sens du trafic.
Il s’agit alors d’un débit en Mbit/s ou Gbit/s, pas d’un volume mensuel en Go ou To. Le gigabit par seconde et le gigaoctet ne décrivent pas la même grandeur. La capacité physique du port de raccordement ne correspond pas nécessairement au débit retenu pour la facturation.
Que signifient Tier 1, Tier 2 et Tier 3 ?
Ces catégories décrivent les relations entre réseaux. Un Tier 1 peut atteindre l’ensemble d’Internet sans acheter de transit, en s’appuyant sur ses clients et ses accords de peering. Un Tier 2 combine généralement peering et achat de transit. Un Tier 3 s’appuie sur le transit pour sa connectivité globale.
Ce n’est pas une chaîne obligatoire où chaque réseau doit passer par le niveau immédiatement supérieur. Un petit opérateur peut acheter directement du transit à un grand réseau. Le classement ne constitue pas non plus une note de qualité : il ne suffit pas à connaître le débit disponible ou la fiabilité d’une liaison.
Quel effet sur les performances d’une connexion ?
Le trajet, la capacité des interconnexions et leur charge influencent le débit, la latence et les pertes de paquets. Un peering bien dimensionné peut raccourcir le parcours, mais un lien direct saturé n’est pas forcément préférable à un bon chemin de transit.
Un opérateur peut recourir à plusieurs transitaires pour disposer de chemins de secours. La diversité réelle des liaisons et des équipements compte aussi : deux contrats ne protègent pas d’une coupure commune si les accès partagent la même infrastructure. Les engagements de service du fournisseur portent sur un périmètre défini, pas sur la disponibilité permanente de tous les sites Internet.
Pour un particulier, ces choix sont gérés par le FAI.
Sources officielles
- Arcep – Comprendre l’interconnexion, le transit et le peering
- IETF – RFC 4271 : fonctionnement du protocole BGP (en anglais)
- RIPE Labs – Transit et peering : le retour d’expérience de GitHub (en anglais)
- DE-CIX – Points d’échange Internet et interconnexion (en anglais)
- Cogent – Présentation du service de transit IP (PDF, en anglais)
- NTT – Présentation du réseau mondial de transit IP (PDF, en anglais)
