IPv6

IPv6 (Internet Protocol version 6, ou protocole Internet version 6) permet d’acheminer les données avec des adresses de 128 bits. Conçu pour succéder à IPv4, il offre un espace d’adressage beaucoup plus vaste. Les deux versions coexistent pendant la transition des réseaux et des services.

Sommaire

Caractéristiques principales d’IPv6

  1. Des adresses sur 128 bits : l’espace d’adressage est beaucoup plus vaste que celui d’IPv4, limité à 32 bits.
  2. Une écriture avec des deux-points : les adresses utilisent des chiffres et les lettres de a à f.
  3. Plusieurs adresses possibles par connexion : un appareil peut utiliser à la fois des adresses locales, globales et temporaires.
  4. Une transition progressive : IPv6 coexiste avec IPv4 et nécessite une prise en charge par les équipements et les réseaux.

Pourquoi IPv6 a-t-il été créé ?

IPv6 répond d’abord à la pénurie d’adresses IPv4. Avec 128 bits, il offre 2128 combinaisons, soit environ 3,4 × 1038. Ce nombre décrit l’espace d’adressage total ; certaines plages sont réservées à des usages particuliers.

Cette capacité permet aux équipements de disposer de leurs propres adresses globales, sans devoir partager une seule IPv4 publique par traduction d’adresses (NAT). Une adresse IP reste associée à une interface réseau, comme une connexion Wi-Fi, et plusieurs adresses peuvent lui être attribuées.

Comment lire une adresse IPv6 ?

L’écriture complète comporte huit groupes de quatre caractères hexadécimaux, séparés par des deux-points. On peut retirer les zéros placés au début d’un groupe. Le signe :: abrège une suite de groupes entièrement nuls et ne peut apparaître qu’une seule fois dans une adresse.

Un suffixe comme /64 indique que les 64 premiers bits désignent le préfixe du réseau. Dans un réseau local courant en /64, les 64 autres bits identifient l’interface au sein de ce sous-réseau. Le préfixe fourni par l’opérateur peut être plus large, afin de permettre plusieurs sous-réseaux.

Pourquoi mon appareil affiche-t-il plusieurs adresses IPv6 ?

Une même interface peut utiliser des adresses de portées différentes :

  • Adresse locale au lien (link-local) : elle commence habituellement par fe80: et sert aux échanges sur le lien local, notamment avec le routeur. Elle n’est pas acheminée vers Internet.
  • Adresse globale : elle sert aux communications sur Internet, sous réserve que la connexion et le service distant soient accessibles en IPv6.
  • Adresse locale unique (Unique Local Address, ou ULA) : généralement reconnaissable au début fd, elle est destinée à des réseaux internes, sans routage sur l’Internet public.

Le système peut aussi générer des adresses temporaires, renouvelées pour limiter le suivi fondé sur une adresse persistante. Elles peuvent coexister avec une adresse plus stable. Cela ne rend pas la navigation anonyme : d’autres moyens, comme les cookies, peuvent toujours rapprocher des visites.

On distingue aussi la façon de joindre les destinataires : unicast pour une interface, multicast pour un groupe, et anycast pour l’un des équipements partageant une adresse, choisi selon le routage. Le plus proche au sens du routage n’est pas forcément le plus proche géographiquement. IPv6 ne possède pas d’adresse de diffusion générale (broadcast) : cette fonction repose sur le multicast.

Comment les adresses IPv6 sont-elles attribuées ?

Avec SLAAC (Stateless Address Autoconfiguration, ou autoconfiguration sans état), l’appareil construit une adresse à partir d’un préfixe annoncé par le routeur et d’informations générées localement. Il n’a pas besoin d’un serveur qui lui attribue individuellement cette adresse.

Le DHCPv6, protocole de configuration dynamique des hôtes pour IPv6, peut également fournir des paramètres réseau et, selon la configuration, des adresses. Il sert aussi à déléguer un préfixe à une box, c’est-à-dire un bloc d’adresses qu’elle peut utiliser pour ses réseaux. SLAAC et DHCPv6 peuvent se compléter ; leur emploi dépend du réseau et des appareils.

IPv6 fonctionne-t-il avec les sites encore en IPv4 ?

Les deux versions ne communiquent pas directement entre elles. En double pile (dual stack), l’appareil dispose des deux protocoles. D’autres architectures utilisent une traduction entre IPv6 et IPv4 ou transportent les paquets d’une version dans l’autre, par encapsulation.

Le DNS, ou système de noms de domaine, publie les adresses IPv6 d’un service dans des enregistrements AAAA, et les IPv4 dans des enregistrements A. La version utilisée pour une connexion dépend notamment des adresses disponibles et de leur accessibilité.

En France, les possibilités dépendent de l’accès fixe ou mobile, de la box ou du terminal et du réseau de l’opérateur. La présence d’une adresse locale commençant par fe80: ne prouve pas, à elle seule, que l’accès à Internet fonctionne en IPv6.

IPv6 chiffre-t-il les communications ?

Non, IPv6 ne chiffre pas automatiquement les échanges. IPsec peut protéger des communications en IPv6 comme en IPv4 lorsqu’il est effectivement utilisé. Pour le Web, la confidentialité repose notamment sur HTTPS.

Une adresse globale ne signifie pas non plus que tout le monde peut se connecter à l’appareil. Le pare-feu de la box ou du système filtre les connexions selon ses règles. L’absence de partage d’adresses par NAT ne dispense donc pas de protéger les équipements et de contrôler les services accessibles.

IPv6 améliore-t-il le débit ou la latence ?

Il ne garantit ni un débit supérieur ni un ping plus faible. Les chemins réseau peuvent différer entre IPv4 et IPv6 ; la charge, les interconnexions, le serveur et l’équipement influencent le résultat. Les mécanismes de qualité de service (QoS) dépendent eux aussi de leur configuration dans le réseau.