Petal : le câble sous-marin de Meta qui reliera les États-Unis et la France peut atteindre un débit de 1 pétabit par seconde

Meta a pour projet de relier les Etats-Unis à la France avec un câble capable d'atteindre 1 Pb/s. Orange sera partenaire du projet.

Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, vient d’annoncer le lancement du projet Petal, un câble sous-marin capable d’atteindre 1 Pb/s sur une distance de 7 000 km entre les États-Unis et la France.

Le premier câble de son genre

Petal sera le premier câble transocéanique capable d’atteindre un débit de l’ordre du pétabit par seconde, soit l’équivalent de 1 000 térabits par seconde, et il sera également le premier à déployer une fibre multicœurs à si grande échelle.

A titre de comparaison, le câble AMITIE, qui relie également les États-Unis à la France, a une capacité de 400 Tb/s avec 16 paires de fibre.

D’après Meta, la capacité du câble Petal correspond à la capacité qui serait nécessaire pour que 75 % de la population mondiale puisse écouter simultanément de la musique en streaming.

Deux cœurs pour 24 paires de fibres

Pour proposer un tel débit, Meta dit avoir opté pour une solution de fibre optique à 2 cœurs sur 24 paires de fibres, ce qui équivaut à 48 paires. Cette innovation permet au groupe de Mark Zuckerberg d’atteindre le débit de 1 Pb/s, soit près du double de ce qui était possible avec le câble Anjana.

D’autres solutions pourraient doubler la capacité d’un câble, soit en passant à 48 paires de fibres, soit en élargissant la bande de transmission optique en utilisant la bande L en plus de la bande C. À voir si une entreprise sera capable, à terme, d’ajouter toutes ces couches à un câble afin d’augmenter encore la capacité totale.

L’autre solution aurait été de construire deux câble d’une capacité de 0,5 Pb/s et de les poser côte à côte, mais cela aurait augmenté l’empreinte carbone du système.

Le choix du double cœur a donc été retenu, mais cela représentait deux défis majeurs. Le premier consiste à faire cohabiter deux cœurs tout en préservant les dimensions physiques de la fibre externe, tandis que le second consiste à minimiser la diaphonie entre les cœurs afin d’optimiser les performances et la capacité.

D’après Meta, ce résultat a été obtenu grâce à l’utilisation de silice synthétique ultra-pure pour fabriquer la préforme, au contrôle d’indices de réfraction élevés des cœurs par rapport aux indices plus faibles du milieu environnant et à la propagation les signaux optiques en sens inverse, ce qui rend diaphonie imperceptible.

Concrètement, un cœur sera chargé d’acheminer le trafic depuis les Etats-Unis vers la France, tandis que l’autre sera chargé de faire transiter le trafic depuis la France vers les Etats-Unis.

À noter que les répéteurs actuels demandent à transformer la fibre à biconducteur en deux fibres à monoconducteur au sein de chaque répéteur, puis de les reconvertir en fibre à biconducteur après amplification.

Trois partenaires dont Orange

Pour son câble Petal, Meta s’appuie sur les compétences de trois partenaires. Le premier est NEC, qui fournit le système clés en main en assurant la fabrication et l’installation.

Le deuxième est Sumitomo Electric Industries qui fournit les fibres à NEC. Il a développé et fabriqué la fibre à deux cœurs.

Enfin, le troisième partenaire est Orange. Les deux groupes travaillent sur des projets visant à faire atterrir Petal sur la côte atlantique française et à l’interconnecter au réseau terrestre. À voir si l’opérateur choisira de nouveau Le Porge en Gironde comme point de terminaison.

Atteindre le cap du pétabit sur une liaison transatlantique, 25 ans après le cap du térabit, représente une avancée majeure pour répondre à la croissance exponentielle du trafic tout en optimisant la capacité du réseau. C’est avec une grande fierté que nous accueillons ce câble sous-marin pétabit de nouvelle génération, doté de la technologie fibre double cœur, au sein de notre infrastructure, en tant que partenaire d’atterrissage en France. Ce nouveau projet renforce notre engagement auprès de Meta et témoigne de notre expertise de pointe dans l’atterrissage de systèmes sous-marins et l’extension de la connectivité à d’autres pays européens. Il souligne notre volonté de développer une infrastructure fiable qui garantit la sécurité et la résilience du segment terrestre de ces liaisons.

Jean-Louis Le Roux, Directeur général adjoint d’Orange International Networks

GT
Geoffrey Thomassin
Expert télécom · AlloForfait

Après avoir travaillé pour différents opérateurs télécoms, il suit depuis plus de 10 ans l’actualité du secteur pour AlloForfait, avec un regard attentif sur les offres mobiles, les box internet et les évolutions du marché.

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